Culture

Arabella, entre confiance et méfiance

Mow : Alors, premier concert d’Arabella au Bus Palladium le samedi 29 octobre. Comment vous vous sentez, toi et le groupe ?

Rémi : C’est difficile à dire. On est à la fois confiants, mais aussi plein de questions. On a cette confiance parce qu’on sait qu’on a beaucoup répété, on a fait du studio et surtout ça match entre nous, au sein du groupe. Aussi, on sait qu’on a tous de l’expérience, ce qui est presque le plus important je pense. D’un autre côté, on se pose des questions, comme « est-ce qu’on va attirer du monde ? »  ou « est-ce que les gens, en face de nous, vous autant s’amuser que nous sur scène ? ». C’est assez complexe comme sentiment.

 

Le fait que vous ayez chacun de l’expérience, c’est plus rassurant ?

Oui, c’est évident. Ça rassure quand on se dit que chacun d’entre nous a une bonne expérience de la scène. Que ce soit Karim avec BB Brunes ou Martin avec Mizantrop, on a tous des expériences de groupe. Et puis, par conséquent, Arabella a déjà une petite communauté, une fan base, qui est là.

 

Comment vous êtes-vous préparés pour ce premier live ? À quoi le public peut s’attendre ?

Premièrement, on ne compte pas faire les mêmes chansons en live que celles que nous avons enregistré. Que ce soit pour moi ou pour le groupe, la scène et le live ce sont à la fois du plaisir pour les musiciens, mais aussi pour les spectateurs. Donc, pour que nous ayons ce plaisir là, on jouera les chansons différemment, en changeant quelques parties par exemple, on ne sait pas trop encore. Le spectateur écoutera quelque chose de différent entre le CD chez lui, et nous en live. L’important c’est de transmettre cette énergie-là au public, de donner un moment qui fait du bien aux spectateurs.

 

C’est votre première interview, alors j’en profite avant que ce soit barbant : est-ce que tu peux revenir sur la genèse du groupe ?

Alors au tout début, c’est Karim (batteur) et Noé (guitariste) qui se connaissaient. Ils étaient dans le milieu de la musique depuis déjà un bon bout de temps et ils ont pris la décision de monter un groupe ensemble. Personnellement, je connaissais Noé depuis déjà 7 ans, on s’était rencontré sur Grenoble. Noé a donc parlé de moi à Karim, qui s’est souvenu que les Hankies (autre groupe de Rémi, nldr) avaient fait la première partie de BB Brunes. Je leur ai filé quelques chansons que j’ai écrites, ils les ont écouté et m’ont gentiment proposé de venir rejoindre le groupe. Après une petite semaine de réflexion, je me suis décidé et je les ai rejoint en avril 2016. On a répété une première fois ensemble, histoire de voir ce que donnaient mes compos une fois jouées à plusieurs. On cherchait un bassiste, alors on en a auditionné quelques uns. C’est finalement Martin qui rejoint la formation initiale. Ca a très vite fonctionné entre nous 4, lorsque l’on jouait tous ensemble. C’est comme ça qu’Arabella a vu le jour.

 

Deuxième et dernière question barbante, mais comme je suis le premier à la poser, ça ira : d’où vient votre nom, « Arabella » ? C’est votre amour pour les Arctic Monkeys qui vous a trahi ?

Oui, aussi mais pas que. C’est aussi une pièce d’opéra classique en trois actes de Richard Strauss. J’ai écrit une chanson qui s’appelle Arabella. Elle raconte cette histoire où un garçon décide de retourner voir son amour de jeunesse, mais se pose la question de savoir s’il va toujours la reconnaître quinze ans plus tard. Quand je leur ai proposé la chanson, on cherchait un nom de groupe. On s’est alors dit que « Arabella » ça sonnait bien comme nom de groupe aussi.

Pour avoir pu écouter quelques morceaux en avant-première, j’ai l’impression qu’il y a une sorte de fil conducteur : c’est ce côté un peu indie. Est-ce que ça a été une décision commune d’avoir ce son-là, ou alors ça s’est fait naturellement ?

Il n’y a pas vraiment de choix de notre part. On compose d’abord, et ensuite on joue les morceaux tous ensemble, ça ne va pas plus loin. Je pense que le côté « indie » dont tu parles, c’est cette énergie que l’on essaye de faire passer. Cette énergie, cette envie, c’étaient les premiers trucs que nous avions en commun lorsque l’on a commencé Arabella.

 

Pourquoi avoir fait le choix de chanter en anglais alors que vous êtes…français ?

Le français c’est très poétique, mais l’anglais est lui très musical. C’est une langue blindée de consonnes, où il est facile de jouer avec. Bob Dylan savait bien le faire, au passage. L’anglais est une langue plus ouverte que le français et mélodieusement plus intéressante. Ça fait également partie de toute cette culture rock que l’on connaît et qu’on aime dans le groupe.

 

Comment se passe la composition ?

Tout d’abord, je dois dire que nous ne composons pas souvent tous ensemble. J’amène des chansons soit écrites de A à Z, soit juste un thème. Martin commence lui aussi à apporter quelques bouts de chansons. Ensuite, d’une manière générale, c’est Noé qui rajoute ses parties par dessus. Mais on est dans l’instinctif. Tu sais, ce moment où l’autre est en train de jouer un truc, tu le regardes dans les yeux et tu dis « Waouh, c’est bon ça ». Et bien c’est ce genre de moments que l’on recherche. En fin de compte, il n’y a pas de techniques particulières, ou de règles. Il faut juste que tout se fasse à l’instinct. Après, pour tout t’avouer, si personnellement je n’ai rien apporté à une chanson, j’aurai du mal à la jouer, à me l’approprier. Ce n’est pas une question d‘égo ou quoi, c’est…je sais pas, c’est comme ça.

 

Comment avez-vous eu cette drôle d’idée de faire un concert avant même d’avoir sorti un album ?

On a eu l’opportunité de le faire, cet enregistrement, on allait pas dire non quand même ! (rires) Avant de sortir l’album, on a quand même sorti un single, ce qui est pas mal. Pour te répondre simplement, on a fait ça parce qu’on veut être des « gars de terrains ». On préfère ça au fait de vendre un album sans l’avoir rôdé sur scène. Le but, après tout, c’est de faire du spectacle, de faire du show. On veut que les gens viennent en se disant « il paraît que eux, sur scène, ils déchirent » plutôt que « tiens, si on allait les voir, leur album est pas mal ? ».

 

Bon, mis à part ce concert, est-ce que Arabella a des plans en particulier ?

Oui, bien sûr. Le but pour nous, c’est de chercher des gens pour former une équipe de professionnels. On cherche un tourneur, un label, un attaché de presse et un producteur. Tout ça pour que l’on puisse se consacrer entièrement à la composition et aux concerts. Le fait de s’entourer de professionnels permettrait de toucher beaucoup plus de monde. Toutes les techniques pour vendre et communiquer, on ne sait pas faire, alors il vaut mieux déléguer et laisser faire des gens qui s’y connaissent vraiment. Au bout du compte, le but serait pour nous de s’exporter au maximum.

 

Enfin, pour terminer, qu’est-ce que tu attends, toi personnellement, du groupe ?

Oula. C’est toujours bien d’essayer de se projeter, mais ce n’est jamais très bon. Je crois que ce n’est jamais très bon parce que tu espères des choses qui ne sont pas certaines d’avoir lieu à cent pour cent. Je ne me projette donc jamais vraiment. Le fait de se projeter, pour moi ou même pour le groupe, ça crée cet espoir qui t’embarque sur un petit nuage, mais qui risque par la suite de te mettre une grosse baffe dans la gueule. Alors j’espère juste que l’on continuera à faire de jolis morceaux, tous plus beaux les uns que les autres.

 


 

Retrouvez Arabella sur Facebook. Ils seront en concert le 29 octobre au Bus Palladium  et le 12 novembre au Tigre.

Crédit photo de couverture : Hervé Doulat et Félix Schmidt-Bouaniche

Étudiant journaliste en troisième année, j'aime les beaux mots et la jolie musique.

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