Culture

Les Crystal Castles verseront les bénéfices de leur nouvel album à Amnesty International

Les Crystal Castles forment un duo venu du Canada. Ethan Kath et Alice Glass sont issus tous les deux du milieu punk hardcore, et vont très vite s’orienter vers une autre forme de violence musicale. Un mélange absolument improbable et détonnant de pop 8bit et de noise déferle dès leur premier album éponyme en 2008, très inspiré par la musique punk et les mouvement gothique cold-wave.


Le 8bit, c’est surtout l’utilisation de synthés qu’on croirait tout droit sortis d’une borne d’arcade, délicieusement régressifs et qui proposent une ambiance quasiment naïve qui contraste fortement avec la rudesse des morceaux. Les beats restent toujours saccadés, lancinants, ils s’appuient sur les mélodies franches et qui tranchent l’espace sonore avec un fort côté martial. Incantations païennes, distorsions horrifiques, découpages extra-terrestres, les voix restent l’un des éléments les plus caractéristiques du groupe avec une variété impressionnante de traitements. Les thématiques abordées sont celles auxquelles on s’attend : le sexe, la drogue et toute la panoplie du gothique-romantique. Vous l’aurez compris : je suis fan.

Les succès commerciaux et critiques se sont enchaînés pour le duo qui collectionne les remixes et s’est offert la voix de Robert Smith – légendaire frontman de The Cure – sur l’excellent single Not In Love. Un deuxième album (II) puis un troisième (III), le duo a poussé toujours plus loin l’exploration des ambiances éthérées, obsédantes et résolument dark. Toute résistance est futile, écrasée sous des nappes successives de synthétiseurs impitoyables. Le duo a alors vécu une séparation avant que le projet ne soit relancé par Ethan Kath qui a recruté une nouvelle muse à la voix de chimère, une certaine Edith Frances.


Aujourd’hui le duo tout neuf nous propose son 4° album Amnesty (I). Tous les bénéfices liés à cette sortie seront reversés à Amnesty International, conformément à la volonté du leader à la forte conscience sociale. Musicalement, la formule magique est toujours fidèle au poste. L’album pousse encore la distorsion avec une efficacité à laquelle on pouvait s’attendre. Le style musical est très proche de celui du 3° album, et cette stagnation est assez nouvelle dans la façon de travailler du duo qui s’était, jusque là, réinventé totalement à chaque album. La qualité est pourtant là, et certains morceaux témoignent de la grande maturité du groupe, qui serait donc articulé très majoritairement autour du compositeur Ethan Kath.


Seulement deux dates en France : Paris et Bordeaux… Désolé, les lyonnais, il va falloir bouger pour y assister. Le groupe a une approche du live assez particulière. Du fait de l’extrême distorsion des pistes sur chaque morceau, la retranscription en concert peut sembler déroutante. Ce décalage est assumé : le groupe se renforce sur scène d’une batterie et admet rendre les voix plus humaines, les synthés plus sensibles. Gardant la violence comme credo, la performance est sauvage, c’est une véritable messe noire sous amphétamines à laquelle vous assisterez.

Les Crystal Castles, c’est une valeur sûre tant l’oeuvre commence à être large. C’est une musique charismatique, fascinante, avec énormément de références qui vous attend.

Envoyer à un ami