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Du rap, de la bière et des potes : JNGL au NUW 2017

Pour la troisième année consécutive, Lyon accueille le NUW : Ninkasi Urban Week. Du 10 au 17 avril, la chaîne de restaurant Ninkasi a programmé chaque jour plusieurs événements aux quatre coins de la ville. Du cinéma à la danse en passant par le graff, les festivités vont bon train et mettent à l’honneur la Street Culture. JNGL, en tant que groupe de rap montant, ne pouvait décliner ce rendez-vous.

@Valentine Sanchez

C’est une semaine festive qui vient de s’écouler à Lyon. Les premiers rayons de soleil, qui peuplent les quais et mettent du baume au cœur, s’accompagnent d’une envie irrépressible de faire la fête. Les restaurants Ninkasi l’ont bien compris et nous proposent un parfait avant-goût de l’été : ils nous offrent pendant une semaine des animations en lien avec les cultures urbaines qui hantent depuis longtemps la vie lyonnaise. Au programme : du sport (démonstrations de BMX, de danse ou de skate), des images (projections de films, graff) et du son (concours de beatmakers et concerts). Tous les sens sont mis en éveil, à commencer par le goût lorsque nos lèvres trempent dans la bière Ninkasi qui, tout comme le hip-hop lyonnais, n’a plus rien à prouver.

Afin de prendre la température, Mow s’est rendu pour vous à l’un de ces événements : la carte blanche de JNGL, groupe de rappeurs lyonnais, qui se déroulait au Ninkasi La Doua le mercredi 12 avril.

JNGL prend les commandes du Ninkasi

20h30, début de la soirée rap au Ninkasi de la Doua. Les murs ne savent pas encore qu’ils vont trembler pendant près de trois heures et demie. Dans un petit espace près de la porte d’entrée, les six MCs et deux beatmakers de JNGL entament en fracas le premier son de la soirée. Devant eux, un public composé de quelques clients du restaurant, là un peu par hasard, mais surtout de familiers du groupe venus spécialement pour le concert.

Rapidement, les difficultés techniques apparaissent : les micros sont équipés d’un limiteur de décibels qui coupe le son dès qu’il y en a trop. Problème ? Pas pour JNGL et ses acolytes qui ont besoin de bien plus que ça pour être déconcertés. Pas de micros : qu’à cela ne tienne, ils rapperont sans.

Je cherche dans la foule un organisateur du NUW pour lui poser quelques questions mais après plusieurs allers-retours à jouer des coudes au milieu des spectateurs agglutinés, il semble que les seules personnes du Ninkasi présentes aux alentours soient les serveurs. JNGL a bel et bien pris les commandes du navire et vogue au milieu des flows.

Si le groupe sait aussi bien embraser les foules, c’est qu’il n’en est pas à son coup d’essai. De plus en plus incontournable dans le paysage du hip-hop lyonnais, ce sont désormais les organisateurs eux-mêmes (cette fois, le NUW) qui les invitent et les laissent, à leur tour, programmer d’autres artistes.

@Valentine Sanchez

La rencontre artistique : entre convivialité et entraide

Là est tout l’intérêt de la « carte blanche ». Les artistes les plus connus laissent la scène à d’autres artistes, nouveaux ou non, afin qu’ils profitent de leur visibilité. Ce soir-là étaient présents Spl2en et L’Animal, Ksim, Mario et Rim K, Lutèce, Romain Davi ainsi que Fayaboy’Z.

Les guests ne sont pas en reste niveau ambiance. Ils enflamment tour à tour la scène, laissant à peine le temps aux beatmakers de souffler entre deux sets. Les micros deviennent accessoires et tout le monde balance la tête de haut en bas au rythme des 16. Les serveurs sont débordés, les clients, tranquillement attablés, lancent des regards intéressés à cette agitation. « Hey, super ! » apostrophe l’une d’entre eux, le pouce levé, venue régler l’addition au comptoir.

@Valentine Sanchez

Alors que l’heure est venue de clôturer cette carte blanche, tous les artistes se rejoignent dans le petit coin de scène qui leur est dédié afin d’entonner ensemble (de hurler en chœur) les dernières rimes de la soirée et de se lancer dans un pogo rieur et complice.

J’ai dit dernières rimes ? Plutôt les dernières sur scène, car la soirée est loin de se terminer. Non rassasiés, les rappeurs se rejoignent dehors, devant les portes du Ninkasi, et improvisent un open mic. Le cercle se dessine, le beatboxer donne la cadence, et tout le monde y va de son couplet. Plus de micros, plus de limiteur, juste des voix qui s’élèvent et quelques klaxons de voitures prenant part à cette euphorie communicative.

@Valentine Sanchez

Grâce à des événements tels que le NUW, la ville de Lyon permet à ses artistes de rayonner. Mais ce n’est pas pour rien que la street culture porte ce nom : à chaque coin de rue, à chaque détour, tôt dans le métro ou tard sur les quais, vous retrouverez cette ambiance festive et cette joie communicative que transmettent les rappeurs et autres représentants du hip-hop. En réalité, il semble que ce soit les artistes qui fassent rayonner la ville.

 


Crédit photo de couverture @Valentine Sanchez

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