Culture, Société

Femmes, je vous aime

Hier, c’était la journée internationale des droits des femmes. L’occasion pour notre chroniqueur culture Maxime de déclarer sa flamme aux femmes le jour d’après… car à Mow Magazine, on considère que la journée de la femme, ça peut être tous les jours.

Je suis un homme et je me suis assez souvent demandé pourquoi vous aviez besoin, vous les femmes, d’une journée spéciale. Cette journée, célébrée pour la première fois en 1909 aux Etats-Unis, est en fait le produit des luttes féministes, notamment en Europe et sur le continent américain. Au temps où les femmes revendiquaient encore le droit de vote et le droit au travail, entre autres. Lointaine époque car, dans leur grande mansuétude, les hommes ont fini par vous accorder ce que vous désiriez. Mais le chemin est encore long pour une égalité parfaite (coucou la différence de salaire, entre autres). Si d’autres parleront mieux que moi des combats qu’il vous faut encore mener pour une égalité totale et légitime, je souhaite, de mon côté, profiter de cette journée pour vous rendre hommage à travers l’art et la culture.

Faire mu-muse

En premier lieu, j’aimerais évoquer votre capacité à nous inspirer, nous les hommes. Ou plutôt eux, les artistes. Ces êtres sensibles qui expriment par le biais de l’art ce qu’ils ont tout au fond de leurs petits cœurs qui battent. Et parfois, c’est vous qui les faites battre. Alors, ils cherchent à vous sublimer par le biais d’un texte, d’un film ou d’une peinture car, parfois votre beauté, parfois votre caractère, parfois un je-ne-sais-quoi les touche infiniment. Vous devenez alors ce qu’on appelle des muses.

Serge Gainsbourg, ce parolier sensible, a noirci des pages entières pour l’incandescente Brigitte Bardot, avec qui il a vécu une brève passion en 1967. Bonnie and Clyde, Initials B. B. et Je t’aime… moi non plus sont le fruit de ce que « la rolls de sa vie », a-t-il dit d’elle, lui a inspiré. C’est la même chose pour Jean-Luc Godard, le cinéaste de la Nouvelle Vague.  Amoureux de l’actrice Anna Karina, qui a été sa compagne de 1960 à 1964, il a tourné huit films avec elle, dont quatre après qu’ils aient divorcé. Et dans ses films, elle était toujours le joyau que la caméra dévisageait avec gourmandise. Et que dire de certains maîtres et de leurs coups de pinceaux ? On pense à ces muses mystérieuses, aux regards énigmatiques, qui apparaissent chez Leonard de Vinci (La Joconde), Johannes Vermeer (La Jeune fille à la perle) et d’autres encore…Vous faites donc battre les cœurs, oui. Mais vous pouvez aussi les briser, vous, les femmes fatales.

Fatal bazooka

Archétype de genres cinématographique et littéraire du XXe siècle, la femme fatale est une figure féministe car, de nature indépendante, elle domine les hommes qui s’accrochent à elle. Ce n’est pas une petite chose fragile, à l’opposé de la demoiselle en détresse. Et quand la femme fatale se nomme Marlene Dietrich, Rita Hayworth, Ava Gardner ou Marylin Monroe, elle peut détruire les cœurs des mâles les plus endurcis. Orson Welles, James Stewart, Burt Lancaster, Robert Mitchum ou le détective de fiction Philip Marlowe, notamment, ont eu à faire à elles et ils n’en sont pas toujours ressortis indemnes. Enfin, parfois, vous ne brisez pas symboliquement les hommes. Car vous préférer les fracasser… de manière littérale. L’exemple le plus parlant se trouve chez Quentin Tarantino, avec le diptyque Kill Bill de la Mariée vengeresse incarnée par Uma Thurman. Cette dernière use de symboles traditionnellement masculins (sabre de samouraï, combinaison jaune de Bruce Lee, maîtrise des arts martiaux) pour détruire une à une toutes les figures du mal qui figurent sur sa liste personnelle. Comme un Arnold Schwarzenegger ou un Sylvester Stallone le font dans leurs films respectifs. Et comme le font Ellen Ripley avec les Aliens, Lara Croft sur console et au cinéma, Carole dans la série The Walking Dead ou Wonder Woman, incarnée par Gal Gadot au cinéma, chez les super-héroïnes.

Courage, femmes, courage !

Et je ne voudrais pas oublier, dans cette liste non-exhaustive, les femmes courageuses qui pullulent dans la fiction. Thelma et Louise, qui donnent leur prénom au film de Ridley Scott, se sont élevées contre le machisme structurel de la société américaine. Jackie Brown, l’héroïne de Quentin Tarantino dans le film du même nom, a voulu se sortir de sa condition précaire en flouant autant les policiers que les gangsters qui la dominaient. Elizabeth Bennet, l’héroïne du roman de Jane Austen, a voulu s’extirper des conventions de sa caste en épousant un homme par amour et non par convenance. De manière similaire, Rose a choisi de vivre un amour total avec Jack sur le Titanic de James Cameron, en transgressant le fait qu’il n’était pas du même rang social qu’elle. Contrairement à l’acariâtre et arrogant Caledon Hockley, qui lui était initialement destiné. Quant à la maman Erin Brockovich, elle s’est élevée au cinéma, sous les traits de Julia Roberts, contre une entreprise toute entière. Et elle a gagné son combat, dans la vie et à l’écran, évoquant par là même la victoire de David contre Goliath. Comme beaucoup d’hommes, des femmes de volonté se sont battues contre les injustices de la société. Ou contre des hommes dominateurs qui incarnaient symboliquement cette dernière.

De manière plus personnelle, je suis souvent tombé sous vos charmes dans divers films. Sous celui de Scarlett Johansson dans Match Point, celui de Natassja Kinski dans Paris, Texas, celui d’Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé… Même si je ne suis pas foncièrement pour le fait de vous accorder une journée particulière, qui marque un peu trop la différence qui existe encore entre nous au sein de la société, j’apprécie néanmoins pouvoir me rappeler ce que les femmes peuvent inspirer quand elles sont bien regardées, quand elles sont appréciées à leur juste valeur ou quand elles s’élèvent au-dessus de leur condition de femmes bafouées.

Je vous souhaite donc à toutes, même le lendemain de la journée des femmes, une bonne journée !


Crédit photo de couverture : © Paramount Pictures

  • Valentine Gabayet

    Je crois que je ne me suis jamais autant étouffée de rire et d’indignation. Mon dieu mais alors comme ça « célébrer les femmes » ça devient « faire la liste de toutes les oeuvres qui ont été inspirées par elles »???? Mais si on se bat encore, si on a besoin d’une journée pour rappeler que l’inégalité existe toujours c’est aussi à cause de cette habitude grotesque qui consiste à foutre LA femme sur un piédestal et à lui retirer la parole. « Je ne suis pas trop pour vous accorder une journée » oh vraiment, on a besoin de ton accord alors? Serieusement. Je ne pense pas que cet article parte d’une mauvaise intention mais il est d’une condescendance qui frôle le ridicule.

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