Culture

Quand la folie des artistes inspire le Cinéma

C’est un fait : la créativité est liée à la psychiatrie. On ne compte plus ces artistes de renom, dont la folie est entrée dans les pages de l’histoire de l’art. Qu’ils soient sculpteurs, peintres, musiciens, cinéastes ou écrivains, leur biographie influence le cinéma. Et ce pour notre plus grand bonheur.

Sorti le 24 mai, Rodin, de Jacques Doillon, est un biopic sur le sculpteur à l’origine de La Porte des Enfers. Le film revient sur la passion amoureuse, d’une décennie, entre l’artiste français (Vincent Lindon) et Camille Claudel (Izïa Higelin). La sœur ainée de l’écrivain Paul Claudel, en dépit de son immense talent, a connu un destin tragique. A l’adolescence, elle se passionne pour la sculpture. Très vite, elle assiste Rodin avant de dépasser le maître. Mais, au XXsiècle, il est mal vu d’être une femme artiste. Son travail va être dénigré par les critiques, le monde de l’art et la société. D’autant plus qu’elle subit une forte pression de son entourage en raison de son refus de vivre avec les contraintes d’une femme de son temps. Un poids qui l’entraînera dans un délire paranoïaque, maladie à l’origine de son internement dans un asile pendant 30 ans.

La folie affichée au cinéma

Le film Rodin ne se concentre pas sur l’hystérie de Camille Claudel. Cependant, sa sortie est une occasion pour se pencher sur la folie d’artistes célèbres retranscrites sur grand écran. Petite liste de 7 films inspirés par des artistes aussi connus pour leur œuvre que pour leur démence :

Aviator de Martin Scorsese (2004)

Le film revient sur 20 années de la vie de l’impétueux Howard Hughes (Leonardo DiCaprio), un homme d’affaires américain. Passionné d’aviation et de cinéma, il devient producteur et réalise Les Anges de l’enfer en 1930 (entre autres). Si Howard Hughes fut l’un des hommes les plus puissants des Etats-Unis, il était atteint de TOC et d’un mal proche du syndrome de Diogène.

Amadeus de Milos Forman (1984)

Virtuose, scandaleux, clownesque, coureur de jupons, fou. Tant de traits de caractère pour un seul homme : Wolfgang Amadeus Mozart. Dans le film, l’artiste viennois (interprété par Tom Hulce) fait de l’ombre au musicien Antonio Salieri. Autrefois réputé et compositeur officiel de la Cour, ce dernier, se sentant menacé, traque sans relâche l’auteur du Requiem inachevé.

 The Hours de Stephen Daldry (2002)

Il s’agit de l’adaptation du livre éponyme de Michael Cunningham. Le film suit et croise le destin de trois femmes liées à Virginia Woolf : l’écrivain elle-même (Nicole Kidman), un personnage surnommé « Mrs Dalloway » (Meryl Streep), héroïne créée par Woolf, et une femme des années 50 (Julianne Moore). The Hours retrace notamment les derniers jours de l’auteur britannique, dépressive et bipolaire.

Pollock de Ed Harris (2000)

Comme son titre l’indique, il s’agit d’un biopic sur l’artiste américain Jackson Pollock (joué par Ed Harris). Célèbre pour sa peinture abstraite, Jackson Pollock est à l’origine de plus de 700 œuvres. Sa pratique du dripping (« laissant gouter », en français, ndlr) a conquis le grand public. Sous l’emprise d’une enfance difficile, Pollock devient alcoolique à 15 ans. Ivre, il se tue le 11 août 1956 dans un accident de voiture.

Love & Mercy de Bill Pohlad (2015)

Love & Merci est un film biographique sur Brian Wilson, l’un des membres fondateurs des Beach Boys. Compositeur des titres les plus connus, tels que I Get Around ou Good Vibrations, Brian Wilson était aussi schizophrène. Interprété ici par l’acteur Paul Dano, on parcourt avec lui ses succès, ses années noires et ses amours.

La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minnelli (1957)

Le film débute lorsque le peintre hollandais, à l’oreille mutilée la plus célèbre de l’Histoire, arrive en Belgique où il découvre le dur quotidien des mineurs. L’œuvre de Vincente Minnelli revient sur les amours maudits de l’artiste, son amour pour son frère et sa passion pour la peinture, un tout qui serait à l’origine de sa folie et de son internement en asile psychiatrique.

Shine de Scott Hicks (1997)

Le film s’inspire du pianiste australien David Helfgott, né à Melbourne en 1947. Dès le plus jeune âge, il se fait remarquer pour ses dons spectaculaires. Néanmoins, en 1970, il doit arrêter son activité à cause de troubles psychiatriques. Il sera interné pendant 10 ans avant de connaître un retour sous les projecteurs. L’acteur qui l’interprète, Geoffrey Rush, a reçu pour ce rôle l’Oscar du meilleur acteur.


Image à la Une : photo tirée du film Aviator

Adepte de chorégraphies ridicules, bien cachée dans sa cuisinehttps://lapinsclochettes.wordpress.com/

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