Société

Gérard Collomb se (re)voit déjà en maire de Lyon

Ce n’était qu’à peine une surprise. Dans une interview donnée à l’Express en septembre, l’ancien Ministre de l’Intérieur annonçait qu’il allait participer aux municipales lyonnaises de 2020. Le retour sur sa Terre Promise ?

Alors que la macronie vacille, son plus fidèle de la première heure regarde déjà ailleurs. Gérard Collomb, locataire de la Place Beauvau depuis l’élection d’Emmanuel Macron, a dévoilé dans une interview donnée à l’Express et publiée le 17 septembre, qu’il se porterait candidat aux municipales lyonnaises de 2020.

Dans la même interview, le numéro deux du gouvernement a bien fait comprendre qu’il ne souhaitait pas cumuler ne serait-ce qu’un jour le poste de Ministre de l’Intérieur et celui de Maire de Lyon. Il faudrait donc attendre un remplaçant pour juin 2019, à la même période que les Européennes.

Cette démission annoncée intervient dans un contexte tendu pour le gouvernement En Marche ! Après les déboires judiciaires du Président de l’Assemblée Richard Ferrand (Les Mutuelles de Bretagne, classés sans suite en octobre 2017, il était à l’époque président du groupe EM), l’éventuel conflit d’intérêt d’Alexis Kolher, et surtout le terrible été Benalla, Gérard Collomb quitte un navire qui tangue.

Une méfiance qui commence à dater

Coup dur, mais presque prévisible. Déjà, depuis quelques mois déjà, l’ancien maire de la ville Lumière ne se cachait plus pour tacler l’exécutif. Que ce soit pour la réforme des 80 km/h ou sur l’humilité du Président, Collomb montrait des signes de méfiance. À peine sa candidature dévoilée (et son départ du Ministère planifié), le candidat aux municipales ouvrait le feu le dimanche 23 septembre, dans La Dépêche du Midi : « Les provinciaux, et j’en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent. Or, des expressions comme “la nouvelle grammaire de la politique” ou “la start-up nation”, ils ne s’y reconnaissent pas ».

Le contraste avec 2017 est saisissant. Premier soutien de taille pour Emmanuel Macron le candidat, le maire de Lyon de l’époque avait tout de suite adhérer aux idées d’En Marche ! Ni droit ni gauche, gauche et droite à la fois : sa politique de ville se superposait étrangement bien avec celle de l’ancien ministre de Bercy.

Collomb, figure politique majeure de la ville et sa région

Maire de Lyon dès 2001, Gerard Collomb est une figure politique majeure en région lyonnaise. Il commence la politique en 1981, en tant que député du Rhône pour sept ans. En 1999, il devient sénateur de la région. En 2015, il devient président du Grand Lyon, un an après sa création. Depuis qu’il a rejoint En Marche !, c’est David Kimefield (centriste) qui a pris le relais.

Pour le poste de maire, c’est Georges Képénékian qui a récupéré le mandat. Mais l’Arménien d’origine n’a laissé que peu de traces dans l’esprit des habitants de la ville. C’est avec une assurance qui lui est propre que Gérard Collomb s’embarque donc dans l’aventure des municipales. C’est à se demander s’il n’a jamais vraiment oublié sa ville de cœur. Un syndicat de policiers, apprenant sa volonté de retourner à la ville Lumière, n’a émis que cette phrase : « Ce n’est pas une grande surprise. Il aime tellement sa ville que quand on venait le voir pour des dossiers Place Beauvau, on en savait plus sur l’état des rues à Lyon que sur l’avancement de ce dossier. »

Envoyer à un ami