Société

Hooliganisme, l’héritage de la violence

En marge de l’Euro 2016 et de ses matchs, les hooligans font eux aussi la première page des journaux. Coups de points, attaques à la barre de fer et prises de tribunes, ces supporters ultra-ultras ne font pas les choses à moitié. Certains disent même qu’ils gâchent la fête. Focus sur un phénomène loin d’être nouveau.

Elle est passé dans à peu près tous nos fils d’actualité : la vidéo d’un hooligan russe filmant ses attaques à Marseille à la GoPro est impressionnante. Si la scène est filmée de manière immersive pour la deuxième fois (ici et ici, pour les voyeurs), la situation, elle, est loin d’être exceptionnelle. Des batailles organisées et rangées, c’est chose courante pour ces supporters de foot pas très communs. Mais d’où vient cette culture du fight ?

Des stades aux rues

L’origine du terme « hooligan » n’a jamais été très clairement établie. Une chose est sûre, c’est en Grande-Bretagne, vers les années 20-30 que le mot désignait une personne violente. C’est ensuite dans les années 60 que le mot « hooligan » s’est allié avec le monde du foot. Né en Angleterre donc, le hooliganisme était au départ réservé aux fans de clubs anglais qui aimaient en découdre dans leurs propres stades outre-manche. Mais petit à petit, c’est dans les rues que ces british si particuliers exerçaient leur passe-temps favori.

Un exemple de bataille rangée, entre les supporters de Dynamo Moscow et ceux du Spartak Moscow

Un phénomène européen

Là où le phénomène devient appart, c’est que la violence qui s’installe n’est plus spontanée, mais préméditée. Les hooligans se reconnaissent entre eux, développent leurs propres réseaux. Les Hollandais, les Russes, les Polonais ou encore les Français : des cellules de hooligans se mettent à éclore un peu partout en Europe. «A travers les évènements comme les coupes d’Europe, la coupe du monde ou le Championnat d’Europe, les Anglais ont fait des émules. Ils arrivaient dans les pays étrangers pour se battre. Et donc le hooliganisme s’est développé en réaction dans ces pays. La télévision a aussi joué un rôle dans ce développement», éclaire Nicolas Hourcade, spécialiste du phénomène, quand il répond au Figaro. (L’interview en totalité ici)

Cette carte ci-dessous montre, en données, les différents pays ou le phénomène hooligan est avéré ou supposé.

Capture+d’écran+2016-06-25+à+22.15.14

 

Des hooligans connectés

Mais fini le temps des rendez-vous communiqués en face-à-face. C’est maintenant via les réseaux sociaux que les hooligans préméditent leurs assauts. Comme à Marseille lors du match Angleterre-Russie, où les supporters – plutôt hooligans – ont massivement utilisé VK, l’équivalent de Facebook chez nous. Les fans de foot et de violence organisée ont aussi utilisé Twitter (ici un exemple d’un compte d’hooligans russes) ou encore Instagram pour raconter leurs exploits.

Il semble donc évident que leur mode de fonctionnement a radicalement changé depuis le début des années 60. Ils se battent désormais dans la rue, dans les champs, plus seulement dans les enceintes des stades de foot. La réponse des forces de l’ordre est aujourd’hui assez décalée. En effet, lors des affrontements à Marseille lors du match Angleterre-Russie le 11 juin pendant l’Euro 2016, les CRS français n’ont pu interpeller que seulement 7 personnes, sur les centaines (milliers ?) d’hooligans présents lors des échauffourées.

Les Anglais nous lâchent, donc, avec leur Brexit approuvé à 51,9%. Ils ne font plus partie de l’Union Européenne. Ils nous auront laissé, comme héritage, la culture du hooliganisme. Pour la beauté du sport ? Pas sûr.

Étudiant journaliste en troisième année, j'aime les beaux mots et la jolie musique.

Envoyer à un ami