Société

Pourquoi les idoles Disney deviennent toutes folles ?

Pour ceux qui cherchent à vendre un produit, le marketing est devenu le nerf de la guerre. Celui-ci est ultra-travaillé pour que l’image que l’on renvoie soit positive et qu’elle incite le public à la dépense. Disney, le plus gros vendeur de divertissement et de produits-dérivés au monde, a toujours fait en sorte que ses vedettes reflètent une idéologie rassurante pour le consommateur. Pour cela, l’entreprise les place dans des produits des fictions qui leur façonnent une image idyllique. Elle peut adjoindre à cela des outils promotionnels du même acabit, par le biais d’apparitions angéliques dans les médias ou de relations amoureuses qui résonnent parfaitement avec les fictions vendues au préalable (Vanessa Hudgens et Zac Efron, tourtereaux dans High School Musical ET dans la vie). Sous l’égide de la marque, on aurait donné le bon Dieu sans confession à Miley Cyrus. Puis tout est allé à vau-l’eau.

Star system

Entre 2006 et 2011, Miley Cyrus est l’héroïne de la série pour ados Hannah Montana et « l’idole des jeunes » d’après le Daily Telegraph. Élevée dans le christianisme avec un anneau de pureté au doigt, « La Reine de Disney », surnom devenu obsolète, représente la figure normative idéale. Elle est un modèle auquel il est aisé de vouloir s’identifier tant elle incarne l’adolescente virginale. Miley Cyrus séduit les jeunes, son cœur de cible, ainsi que leurs parents, détenteurs du porte-feuille. Tout cela garantit à Disney des recettes faramineuses grâce aux séries, concerts et films auxquels elle participe. A des degrés moindres, Lindsay Lohan, Zac Efron, Selena Gomez, Vanessa Hudgens ou encore Shia LaBeouf ont connu la célébrité grâce aux productions angéliques de la firme aux grandes oreilles.

Sexe, drogue et rock ‘n’ roll

Et puis en 2013, rien ne va plus : « La Reine de Disney » est nue sur une boule de chantier géante et lèche un marteau dans le clip de Wrecking Ball, sous l’œil du sulfureux photographe Terry Richardson. Mais comment en est-on arrivé là ? « On m’avait formatée pour ressembler à quelqu’un que je n’étais pas » dit Miley Cyrus au magazine Marie-Claire, en référence à ses années Disney. « C’est certainement à cause de ça que j’ai ensuite souffert de troubles de l’image corporelle » ajoute-t-elle. Autour d’elle, Selena Gomez et Vanessa Hudgens se droguent en bikinis fluos dans Spring Breakers (2012), le film barré d’Harmony Korine. Tandis que Shia LaBeouf vire de la carafe, Lindsay Lohan se découvre cleptomane et enchaîne les cures de désintoxication, tout comme Zac Efron, un temps addict à la cocaïne et à la MDMA.

 

Shia LaBeouf au festival de Berlin en 2014

Marketing, my love

Alors qu’on croyait ces vedettes fidèles aux images qu’elles véhiculaient, la réalité viciée du monde a fracassé les plans de communication de Disney, qui s’étendent bien au-delà de la fiction. En l’état, Miley Cyrus incarne parfaitement cette dichotomie inhérente aux stars de la marque qui deviennent l’inverse des valeurs pieuses qu’elles représentaient jusqu’alors. A trop policer l’image fictionnelle et publique de ses vedettes, Disney en a oublié qu’elles étaient des personnes avant d’être des produits. En reprenant le contrôle de leur destin, celles-ci goûtent à la liberté et révèlent, si besoin était, que la fiction n’est pas soluble dans la réalité ad vitam aeternam. Quand bien même L’Incroyable Famille Kardashian tente de nous le faire croire à chaque épisode.

Même si certains sont plus ou moins rentrés dans le rang, comme Zac Efron, Selena Gomez ou Vanessa Hudgens qui poursuivent leur carrière au cinéma, d’autres restent sur courant alternatif. Shia LaBeouf est devenu un artiste expérimental (ici et ) qui a souvent rendez-vous avec la police, tout comme ce fut le cas pour Lindsay Lohan, dont la carrière est au point mort, désormais. Quant à Miley Cyrus, elle poursuit sur une voie qui mêle chanson… et code du porno. Comme Rihanna. Nicki Minaj. Iggy Azalea. Et d’autres stars féminines qui ont du succès. Tiens donc !

A des fins commerciales, se cacherait-elle à nouveau derrière une image faussée d’elle-même ?


Photo de couverture : © The Cobra Snake ; photo Shia LaBeouf : © REUTERS/Tobias Schwarz

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