Mode

Jonas B. : « Je mets ma poésie dans mon travail »

Salut Jonas. Avant notre premier entretien, je ne connaissais que très peu ton travail. J’ai donc pris le temps de découvrir ce que tu faisais et je dois dire que c’est du bon boulot ! Mais j’aimerais savoir, pourquoi avoir choisi la vidéo et non la photo ?

Salut Alex ! C’est une question qui m’est souvent posée. Beaucoup font de la vidéo et de la photo en parallèle. Pour moi, la photo c’est capter le spectateur avec une seule image mais comme tu as dû le comprendre, je préfère le mouvement ! Dans mon travail, je cherche à filmer de belles choses. D’autre part, je suis très sensible à la musique, aux bruits et aux mélodies. Du coup, je ne me vois pas travailler une image sans son.

 

Un style inimitable

 

J’ai cru comprendre que tu avais fait des études dans le cinéma mais qu’elles ont été très brèves. Peut-on alors te considérer comme un « self-made man » ?

En effet, j’ai fait un trimestre dans une école de technicien du cinéma, une superbe formation, mais qui ne me correspondait pas. Du coup j’ai continué tout seul, ou plus exactement avec mes modèles et au côté de mon équipe. Le chemin emprunté est sûrement plus long, mais je suis fier de mon parcours. J’ai fait de belles rencontres qui m’ont fait progresser dans la technicité. Le plus cool dans tout ça, c’est que j’ai toujours la même envie d’apprendre !

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A chacune de tes vidéos, on reconnaît ton empreinte, ta marque de fabrique. Du coup, j’aimerais savoir comment tu en es venu là, quelles sont tes inspirations ?

C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire ! Sur le papier, je n’étais pas programmé pour ce métier, je n’ai pas une grande culture cinématographique, je ne suis pas hypnotisé par le monde de la mode comme beaucoup de mes collègues, j’ai juste appris à l’aimer et à le comprendre. La nature, l’humain, le monde animal, la vie de tous les jours me pousse à créer.  Enfant, j’ai passé beaucoup de temps à essayer de comprendre le monde qui m’entourait. Mes parents disaient de moi que j’étais un « contemplatif ». Je passe encore beaucoup de temps à observer le monde mais je suis désormais plus léger et me laisse plus facilement porter par la vie.

Je regarde aussi beaucoup de vidéos, défilés de modes, clips et autres pour m’en imprégner et chercher à créer des visuels différents. Mais ma plus grande inspiration reste la musique. Ces rythmes qui te donnent envie d’associer et de créer des visuels, d’habiller le son d’une image. D’ailleurs, j’ai besoin d’avoir trouvé la musique idéale avant de démarrer un montage.

Côté cinéma, je suis fan de Xavier Dolan. Depuis son premier film « J’ai tué ma mère », je trouve son travail fabuleux. Et puis il y a aussi tous les inconnus qui m’inspirent.

 

L’envers du décor

 

Tu shootes énormément les backstages des shootings photos avec ton équipe, tu sublimes l’envers du décor avec beaucoup de talent. C’est la raison pour laquelle j’aurais aimé avoir ton avis sur l’univers de la mode et le mannequinat.

La mode me permet d’évoluer artistiquement et de rester moi-même. J’ai eu la chance de rencontrer de belles personnes, tant des photographes que des modèles. De mon côté, j’essaye de créer un climat agréable et de respecter les égos de chacun dans ce milieu pas toujours tendre. Après, on ne va pas se mentir, c’est un milieu où la beauté physique est au premier plan.

Personnellement je suis plus sensible aux âmes qui émanent qu’à une beauté sans personnalité. Les deux ne sont pas incompatibles pour autant ! Et puis les codes changent, il y a de plus en plus de mannequins atypiques. D’ailleurs tu m’en vois ravi !

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Tu travailles beaucoup avec Fashion TV et Katherine Lyndia, tu virevoltes pas mal entre la France et les Etats-Unis. La question qu’on peut se poser, c’est quels sont tes futurs projets ?

C’est vrai, mais après 4 ans de collaboration avec Fashion TV, je reste toujours aussi fier et ému à chaque diffusion d’une de mes vidéos. De même que pour la réalisation du clip d’Yseult, ça a été une grosse fierté personnelle, car le clip a été diffusé sur plusieurs chaînes de télé en France.

Concernant les US, j’ai passé quelques mois à New York. Je souhaitais découvrir de nouveaux horizons, aller chercher de nouvelles inspirations et pourquoi pas vivre le rêve américain. Sur place, j’ai eu la chance incroyable de travailler avec des équipes de renommée internationale. Entre autres, la styliste et la maquilleuse de Naomie Campbell, un des coiffeurs de Beyoncé, des photographes de talent et les plus grandes agences de mannequins…

De retour en France, j’ai décidé de m’installer à Paris où j’espère, là aussi, faire de belles choses.

 

La vidéo « Beauty are foundation » sur Fashion TV est vraiment magnifique. Tu sais capturer des moments intenses avec les mannequins, c’est très beau et très sensuel comme moment. Comment arrives-tu à ce genre de finalité ?

Cette vidéo a été réalisée pour une marque thaïlandaise de cosmétiques, avec Katherine Lyndia. J’ai la chance d’arriver sur la plupart de mes projets mode en externe. Je suis là pour filmer ce qui est construit par la photographe. Je dois alors sublimer ce qui est déjà sublime. Je prends le meilleur du meilleur et j’y mets ma poésie. A moi de capter l’émotion et de créer le mouvement et le rythme, même lors d’un shooting centré uniquement sur la beauté du visage. La musique, une fois encore, m’aide à guider le spectateur dans cette poésie.

 

Patience et longueur de temps…

 

Le culot ça paye mais pas à chaque fois… Tu aurais un conseil pour ceux qui souhaiteraient se lancer ?

Lorsqu’on travaille à son compte, il faut savoir trouver le soutien des autres. J’ai tout fait pour me créer une équipe qui m’entoure et m’encourage.

Le moteur c’est l’envie, l’énergie. Il ne faut jamais lâcher, accepter les critiques, s’en servir pour avancer. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain. Les gens s’habituent, se lassent vite. Il faut donc se renouveler et repousser ses limites pour aller de l’avant. C’est beaucoup de travail mais aussi une chance. Et ça, je ne l’oublie jamais.

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Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Quel serait ton « mot de la fin » ?

J’espère que je vais continuer à vous faire voyager le plus longtemps possible et voyager avec vous. Je suis reconnaissant de ce que je vis. Je voudrais me rapprocher du sommet et je mets tout en œuvre pour y arriver, sans jamais lâcher.

Merci à l’équipe de Mow Magazine pour le temps que vous m’avez accordé. Longue vie à vous et vive Lyon !

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