Culture

Jeu vidéo et cinéma : « je t’aime, moi non plus ! »

En 23 ans, la relation cinéma – jeu vidéo se retrouve dans l’adage du « je t’aime, moi non plus ». Le cinéma se verrait-il en manque d’inspiration et de réelles suggestions ? Le jeu et son univers fantastique est un moyen de combler ce vide mais à quel prix ? Le scénario, le décor, le personnage et leur caractère, l’intrigue elle-même : tout est déjà traité. Une ressource prête à être utilisée mais qui représente un risque.

Pour le meilleur… mais surtout pour le pire !

En 1993, trois réalisateurs, Rocky Morton, Annabel Jankel et Dean Semler, relèvent le défi. Super Mario Bros voit le jour. Un synopsis fidèle au jeu vidéo puisqu’il est inspiré de ce dernier, et « raconte l’histoire d’un peuple de dinosaures vivant pacifiquement sous la Terre, menacés par un tyran qui, pour arriver à ses fins, kidnappe Daisy, jeune et belle archéologue. »

Quelqu’un se souvient-il de cette adaptation ? Le film n’est pas conforme au jeu. Résultat des courses : un flop dès sa sortie qui entraine une succession d’échecs cinématographiques quant aux autres adaptations de jeux vidéos. Une liste exhaustive pourrait se dresser, mais elle serait bien trop longue à énumérer. Street Fighter, Mortal Kombat, BloodRayne, Doom, Dead or Alive… Et les choix de casting n’ont pas été d’une grande aide par la suite avec Resident Evil où l’on aperçoit Milla Jovovitch, ou encore King Rising, avec Jason Statham. De nombreux classements ont été établis quant aux pires adaptations de jeux vidéos au cinéma. C’est pour vous dire la gène.

Comme le prouve les échecs précédents, l’industrie du cinéma se trompe souvent en voulant dénaturer l’univers du jeu vidéo en voulant y apporter une touche personnelle, une autre vision de ce monde et apporter un brin de folie et de fraicheur. Les fans et les spectateurs se voient naturellement contraints de comparer le jeu vidéo à la production malheureusement bien trop éloignée de l’univers d’origine. Au final, personne n’en ressort gagnant.

Le début d’une nouvelle ère

L’année 2016 marquerait-elle un point final à cette « malédiction » ? Avec Angry Birds et Warcraft, tout laisse à penser que les réalisateurs ont enfin trouvé le juste milieu entre touche personnelle pour s’adapter au support et représentation fidèle du jeu.

Sony Pictures Releasing GmbH ; Universal Pictures International France

 O n pouvait s’attendre à un film d’animation uniquement pour enfants. Mais Angry Birds, le film est bel et bien une production familiale où l’humour prend une grande place. Adapter le jeu vidéo sur mobile au cinéma est un projet qui aurait pu paraître absurde. Un dessin animé « mal élevé » qui s’éloigne de la féerie de Walt Disney et qui dégage la problématique de la différence.

Warcraft complète cet exemple qui concrétise le début d’une nouvelle ère pour les adaptations de jeux vidéos au cinéma ! Niveau visuel, l’univers du jeu est respecté et les fans peuvent être rassurés de ce côté-là. La reproduction est une belle réussite et les effets spéciaux viennent appuyer la qualité de l’adaptation.

Deux adaptations de jeux vidéos, et de grosses et belles pépites. On attend donc les adaptations du genre à venir pour en avoir la confirmation de cette belle époque avec Assassin’s Creed, prévu fin 2016, le reboot de Tomb Raider en 2018, Metal Gear Solid ou encore Uncharted, prévus tous les deux pour 2017.

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