Culture

La musique lyonnaise : électro-bien mais pas que…

Une fois passé le cortège de représentations habituelles sur Lyon (quenelles, Fourvière, coussins lyonnais, Bocuse, wech pélo !) il convient de se demander ce qui donne à notre ville cette atmosphère tant vantée. Souvent décrite comme « le petit Paris », la cité des Gaules conjugue les avantages de la vie urbaine et la qualité de vie d’une ville de « province ». Bon, après avoir énuméré tous ces clichés galvaudés sur notre chère cité et évacué la voix (un peu chiante et nasillarde !) de notre pote parisien en visite, on peut enfin parler entre gens bien !

Récemment auréolé du titre de « capitale française de la musique électronique » il serait trompeur de ne se fier qu’à cette ceinture de champion. Malgré l’essor de nombreux labels et associations œuvrant dans ce domaine, subsiste une multitude d’endroits où l’on peut se faire un kiff de rock, jazz ou hip hop.

– Ouais mais Lyon ça reste quand même la musique électronique, les nuits sonores, et tout, rien de nouveau sous le soleil quoi !
– Encore là toi ?! Mais qu’est-ce que t’y connais en soleil toi le parigo ?!

Résolu à me titiller le bourrichon jusqu’au bout je décide donc de l’emmener hors des sentiers (traboules) battus et rebattus des soirées électroniques de la ville, exit le traditionnel Sucre et l’after de rigueur ! On se retrouve donc à la Grooverie, rue du jardin des Plantes, sur les pentes de la croix-rousse. L’atmosphère fleure bon le riff de guitare et les tempêtes cuivrées. Ouvert depuis peu, cet îlot de coolitude se distingue par sa programmation musicale : classe et puissante comme Diana Ross, brillante et  groovy comme le crâne d’Isaac Hayes. Bref, de quoi boire tout son soul… Quelques bières et parties de flipper plus tard  c’est au bord du Rhône que nous nous retrouvons, la tête encore pleine d’un solo de batterie de l’au- delà. Le Sirius, péniche emblématique de Lyon où on se retrouve à bouger allègrement du boule, un groupe aussi bigarré que la déco du lieu s’y produit. Une bouteille de Punch qui dépote et une promiscuité festive, que demander de mieux ?!

– Oh gros ! en passant tout à l’heure j’ai  vu que y’avait un groupe de rock à La Marquise, ça donne le rock ici ?

Les Gones and Roses il connait pas ou quoi ?! Plus sérieusement, la scène Rock lyonnaise est présente et foisonnante depuis les années 70 avec des groupes tels que Ganafoul, un groupe de blues / rock qui a peut être aidé vos parent à pécho ou Starshooter, un ersatz du groupe Téléphone qui a eu son quart heure de gloire. A tel point que Libération titrait en 1978 « Lyon, capitale du rock », comme quoi nous n’en sommes pas à nôtre  première ceinture de champion! Aujourd’hui une forte empreinte rock demeure, Le Jack Jack à Bron par exemple soutient pas mal de jeunes groupes de rock émergent en mettant à disposition son matériel studio.

Non content de rafler deux ceintures avec l’élégance d’un Sugar Ray Leonard,  Lugdunum peut se targuer de faire partie des poids en lourd en matière de Jazz avec le Hot Club. Cave à Jazz depuis  1948 elle a vue passer Duke Ellington, Miles Davis ou bien Chet Baker. De jeunes groupes comme ElectroPhazz  aujourd’hui montrent et attestent de la variété et de la qualité du réservoir à talent de notre ville.

Après ce petit périple musical entre camarades loin des soirées electro-branchouilles que l’on a l’habitude de fréquenter, Mathieu (mon parisien nasillard et maintenant imbibé) entre deux crocs dans son kébab ou entre deux kébabs et un croc (ouais bon je ne pouvais pas fidèlement me fier à mes sens !) me dit :

– Franchement la nuit lyonnaise est vraiment cool, vous n’avez pas grand-chose à nous envier, enfin à part peut- être le…

Jamais il ne s’arrête lui ! Ok c’est bon je jette l’éponge !

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