Mode

Le défilé beaujo-vintage vu de l’intérieur

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

Zoom sur La French Touch

Ouverte depuis la fin du mois de juillet 2016, La French Touch est une boutique que l’on peut retrouver rue Saint-Georges dans le 5ème arrondissement de Lyon. Dans cet endroit, vous pouvez retrouver Véronique et Dominique qui tiennent ce dressing vintage et proposent aussi bien des vêtements que des accessoires. Ces différents articles ont été mis à l’honneur lors du défilé Beaujo-Vintage où se succédaient des pièces plus étonnantes les unes que les autres.

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

Mow s’infiltre dans le défilé

Le 8 octobre, sur le podium, il n’y avait pas de mannequins « professionnels » répondant aux critères très sélects du monde de la mode. Quelques semaines avant le défilé, une annonce avait paru sur Facebook offrant la possibilité aux femmes, hommes et enfants de tous horizons de venir participer. Pas de critères de taille, de poids, ni de couleur de cheveux n’étaient indiqués, le principe était de venir aux essayages et si on vous trouvait une tenue, vous étiez sélectionné pour faire partie des mannequins du défilé. À cette occasion, j’ai décidé de tenter ma chance pour pouvoir enfin voir la réponse à ma question «  Comment ça se passe un défilé ? ».

Les essayages

 Le rendez-vous était donné le dimanche 2 octobre pour les essayages du défilé. J’étais impatiente de pouvoir écrire un article sur l’événement, mais vraiment très stressée de devoir défiler. Ce matin-là, j’ai pris ma voiture de façon un peu hésitante, partagée entre l’impatience et le stress. J’avais prévu d’arriver pile à l’heure mais c’était sans prendre en compte le marathon de Lyon qui se déroulait le même jour. Après plus d’une heure de retard, je suis enfin arrivée à La French Touch.

Lorsque je suis arrivée, les essayages avaient bien évidemment déjà commencés. Les filles essayaient à tour de rôle les différentes tenues qu’elles allaient porter. Après avoir observé les autres, c’était enfin mon tour. Margot, la styliste de l’événement, m’a tendu une jupe colorée avec un haut jaune et une veste verte. Je suis allée dans l’arrière-boutique me changer. Une fois la tenue enfilée, je suis ressortie et Véronique et Dominique ont commencé à choisir les accessoires. Sac, collier, bracelet, boucles d’oreilles, rien n’était laissé au hasard. Le tout devait ensuite être validé par Margot pour donner le rendu le plus parfait possible.

Plus le temps passait, plus je me détendais, les filles étaient sympathiques et elles m’ont vite mis en confiance. J’ai essayé une deuxième tenue puis j’étais prête pour le défilé. Le seul problème, c’était mes pieds. Il n’y avait pas de chaussures qui m’allaient, j’ai donc eu l’autorisation de défiler avec mes baskets. J’étais soulagée, j’étais déjà en train de m’imaginer tomber tête la première à cause de mon manque d’expérience cruel avec les talons.

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

L’avant défilé

Le samedi 8 octobre était arrivé trop vite, je n’avais pas eu vraiment le temps de me préparer psychologiquement au fait que j’allais devoir marcher sur un podium et bien présenter les tenues qui m’avaient été assignées.

Quand je suis arrivée à la Maison des Passages, je faisais partie des premiers, ce qui m’a permis de me déstresser un peu. J’ai pu prendre le temps de me familiariser avec les lieux. Il y avait une salle pour se changer avec des portants et des tables de maquillages puis la salle du défilé. Les techniciens installaient peu à peu le podium et les différents éclairages. J’essayais de ne pas trop penser à cet après-midi pour ne pas tomber dans les pommes.

Il fallait que je m’occupe l’esprit et ça tombait bien, il y avait pleins de choses à faire. Je suis d’abord allée récupérer du café avec une de mes amies au Johnny’s Kitchen pour que toute l’équipe puisse tenir la journée puis j’ai rangé les portants. Il fallait que chaque mannequin puisse trouver ses tenues rapidement. Il n’y avait pas beaucoup de temps entre deux passages pour se changer, il fallait donc que tout soit à portée. Avec un étudiant de l’ESMOD, nous avons classé les vêtements par ordre de passage pour ensuite les mettre par mannequin.

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

Plus le temps passait, plus les participants du défilé arrivaient et l’ambiance était de plus en plus mouvementée. Il fallait se préparer, aller chercher à manger, se maquiller, se coiffer puis ensuite répéter le défilé. Plus l’heure du défilé approchait, moins j’arrivais à parler. Je marchais dans les couloirs avec mon appareil photo en essayant de penser à autre chose mais j’avais du mal. J’aurais peut-être dû me contenter d’écrire juste un article, participer était vraiment stressant.

Au bout d’un moment tout s’est enchaîné, il n’y avait plus de temps. Il fallait s’habiller et répéter. Les filles se coiffaient entre elles et se maquillaient là où elles pouvaient. La répétition a été rapide, les gens commençaient à arriver dehors. J’étais tellement concentrée que je ne me souviens presque de rien. Je me rappelle Margot qui me disait de sourire et Véronique de marcher moins vite. Le stress me faisait faire des lignes droites le plus rapidement possible.

Le grand moment

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

 

L’heure est arrivée beaucoup trop vite. J’avais retrouvé la parole et je disais à qui voulait bien l’entendre à quel point j’étais stressée. Certaines étaient dans le même cas que moi et d’autres un peu plus confiantes essayaient de me rassurer en me disant que tout allait bien se passer.

Les étudiants de l’ESMOD s’organisaient pour nous aider à enfiler les tenues et pour faire respecter l’ordre de passage. Je ne veux pas travailler de Pink Martini commençait à se faire entendre, le défilé commençait. Mon cœur s’est mis à battre à cent à l’heure, j’allais devoir marcher droit avec les projecteurs et les regards braqués sur moi. Les filles devant moi avançaient puis une des étudiantes m’a fait signe que c’était mon tour. Ce n’était plus possible de faire marche arrière. En montant sur le podium, j’ai tout simplement arrêté de respirer. Je me répétais dans ma tête mécaniquement ce que je devais faire «  Fais une pause, marche tout droit, une deuxième pause, demi-tour, troisième pause, fini ». L’avantage des projecteurs, c’est que je ne pouvais pas vraiment voir qui me regardait. Je voyais juste le flash des appareils photos.

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

Après le premier passage, pas le temps de décompresser. Il fallait que je change de tenue, une des étudiantes m’attendait pour m’aider à me déshabiller et à changer les accessoires. Il fallait faire vite, il n’y avait pas beaucoup de temps. Mon cœur battait moins vite qu’au premier passage mais la sensation avait été remplacée par une envie de vomir incontrôlable. J’étais persuadée de ne pas pouvoir le faire une deuxième fois.

Au final, j’y suis arrivée. À la fin, j’ai même été si soulagée que j’ai failli oublier le final où nous devions tous marcher ensemble sur le podium. J’y suis allée sans trop réfléchir et je me suis retrouvée en bout de podium où j’ai pu constater qu’il y avait quand même beaucoup de monde dans cette salle. Les gens ont applaudi et le défilé était fini.

Derrière la mode, une dimension humaine importante

Le défilé Beaujo-Vintage avait pour but de présenter certaines tenues de La French Touch, mais pas seulement. Après le défilé, j’ai ressenti un sentiment étrange de satisfaction. Au final, le stress avait été remplacé par la joie d’accomplir quelque chose et de se sentir bien dans sa peau.

Défilé Beaujo-Vintage - Anaïs Hillion

Ouvrir ce défilé à toutes les personnes qui le désiraient était vraiment une excellente idée. En plus de présenter les pièces de la boutique d’une nouvelle façon, cet événement a pu rassembler des femmes, des hommes et des enfants qui avaient vraiment envie d’être là, et qui ont pu communiquer leur joie aux personnes présentes. En imposant aucun critère de mensurations, chacun a pu avoir l’opportunité de vivre l’espace d’une après-midi l’expérience d’un défilé de mode. Personnellement, j’ai adoré ce moment même si j’étais pleine de stress, ça valait vraiment le coup de le faire.

La bonne adresse : 

La French Touch

654 rue Saint-Georges

69005 LYON

Journaliste diplômée et spécialisée en marketing web éditorial. J'aime titiller les sujets sensibles.

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