Culture

Le dernier Mission : Impossible est un monument de fun

Premier jour d’août, Tom Cruise débarque dans les cinémas français pour le dernier volet de sa franchise : Mission : Impossible – Fallout. Cet opus, le sixième, est encore dirigé par l’auteur du précédent volet, le très peu starisé Christopher McQuarrie… Qui vole presque la vedette à Tom Cruise, ici. On vous explique par quel mystère.

Homme de confiance de la star de 56 ans (!), le réalisateur dirige avec Mission : Impossible – Fallout son quatrième film, après Mission : Impossible – Rogue Nation (2015), Jack Reacher (2012), film d’action racé encore avec Tom Cruise, et Way of the Gun, en 2000. Scénariste sur d’autres productions du célèbre scientologue (Walkyrie, Edge of Tomorrow, La Momie), l’Américain, également responsable du culte Usual Suspects (1995)est un artisan efficace qui contribue, à bien des égards, à maintenir artistiquement la carrière de Tom Cruise à flot, après trois films décriés.

Au service de sa star et de l’histoire, la mise en scène néo-classique du cinéaste supplée le récit quand il faiblit – le film dure 2h27 et l’intérêt n’est pas toujours maximale. Si les enjeux peuvent, donc, se diluer dans l’extrême longueur du métrage, le rythme savamment entretenu, la précision du découpage et l’élégance de la mise en image, constamment lisible, compensent aisément cette menue faiblesse, surtout en étant couplé à un zeste de suspense, comme plus personne n’ose en faire sans ricaner. Le précédent film du cinéaste, Rogue Nation, le montrait déjà, grâce à la scène à l’opéra qui lorgnait sur L’Homme qui en savait trop (1956) : Christopher McQuarrie est un rejeton très digne… d’Alfred Hitchcock.

Courez voir Tom Cruise courir !

Un apprenti cependant studieux et sobre, contrairement à l’iconoclaste maniériste Brian De Palma, fan invétéré du maître anglais et réalisateur du premier (et meilleur) volet de la franchise. Certes dénué de tout le discours théorique postmoderne que le réalisateur de Scarface (1980) avait inséré dans Mission : Impossible (1996), le film de Christopher McQuarrie s’en rapproche pourtant par de petites touches manipulatrices, insérant définitivement le film dans le genre « espionnage », c’est-à-dire nécessairement fait de faux-semblants. Mais, évidemment, Mission : Impossible – Fallout est avant tout, et surtout, un film d’action tout à la gloire du cascadeur le mieux payé du monde, qui se donne un mal fou pour nous accrocher à notre siège.

Dans ce film, comme dans les précédents, Tom Cruise court, se bat, fait de l’escalade, saute au-dessus de Paris depuis un avion, apprend à conduire un hélicoptère en live, fait de la moto sans casque, court encore, se bat encore… Bref, Tom Cruise, qui est dans ses films moins un personnage que lui-même, mais version surhomme, veut qu’on dise qu’il est la plus grande star du cinéma d’action. Après ce film, on n’est pas loin de le penser. Mission : Impossible – Fallout est un spectacle assez ahurissant de 2h27 entièrement consacré à sa gloire, taillé à sa (dé)mesure, mais qui n’oublie pas en chemin l’élégance, due à une évidente maîtrise visuelle. Une serpillière se serait effacé devant la star et le film n’aurait pas été tenu, n’aurait ressemblé à rien, n’aurait pas fonctionné.

Si Tom Cruise est effectivement la vraie star de ce Mission : Impossible, et de tous les précédents, Christopher McQuarrie est l’un de ceux qui a réussi à contenir cette pile électrique, cette pure machine en action. Qui a réussi à lui arroger un cadre où il a pu s’ébattre comme un beau diable. Et, in fine, qui a rendu ce film si plaisant à voir.


Crédits photo de couverture : Copyright 2018 Paramount Pictures. All rights reserved.

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