Société

Elections 2017 : et les jeunes dans tout ça, où sont-ils ?

Les jours sont comptés, il va falloir aller voter. Ici, c’est aux jeunes que nous nous intéressons, l’avenir de la République comme on aime bien le dire. Dans une campagne plus extravagante que jamais, éclairons-nous un peu sur la place de la jeunesse dans cette élection. Tous les cinq ans à la même période, la France est en pleine ébullition. Remercions Monsieur Chirac pour avoir restreint notre période de tranquillité décisionnaire en instaurant le quinquennat le 24 septembre 2000. Néanmoins, tous les Français se sentent-ils pour autant concernés ?  Pour ceux faisant partie de cette catégorie appelée les « primo-votants », sous l’augure d’une tristesse emprunte de désuétude et de désenchantement, comment penser cette nouvelle année électorale ? En septembre 2016, soit 8 mois avant le choix décisif, seulement 46% des 18-24 ans étaient certains qu’ils allaient mettre leur petit papier dans l’urne. Pour ainsi dire, plus de la moitié des jeunes votants n’étaient pas sûrs de faire usage de leur droit… Comment expliquer une telle absence d’intérêt pour la vie politique au sein de la jeunesse française ?  Peut-on identifier celui qui murmure le mieux, voire murmure tout simplement, à l’oreille de la jeune génération ?

L’appel de l’extrême droite

La catégorie des moins de 35 ans serait désormais la plus touchée par les propositions du Front National. En s’intéressant de plus près au programme de la première dame du Front National en ce qui concerne le facteur « jeune », force est de constater que sa stratégie relève surtout d’une communication efficace. Si ses mesures politico-économiques ne sont pas directement tournées vers la jeunesse, les propositions de Marine Le Pen entrent dans le cadre d’un certain retour au protectionnisme, ou « protectionnisme intelligent » comme la candidate FN le répète si souvent, qui de plus en plus devient idéologiquement populaire chez les nouveaux désabusés. Son argument d’une efficacité aussi impitoyable qu’effrayante, c’est le terrible chômage. Le jeune, sur-diplômé, sur-vitaminé, serait également sur-concurrencé par « l’étranger ».

Une séduction rondement menée

Il est étudiant dans une école de commerce et développement lyonnaise, fervent militant mélanchoniste et pourtant son verdict est sans appel : « Je pense que le candidat de 2017 qui parle le plus aux jeunes comme nous, étudiants et légèrement révoltés, pour moi, c’est Le Pen ». En ajoutant non sans mal « Ça me fait un peu mal de dire ça, pour toute l’idéologie raciste, homophobe et autres qu’il y a derrière ». On l’appellera S., et il n’est pas un oiseau si rare. Tous semblent dénoncer un manque de vivacité, de prise de risque de la part des autres candidats.

Le candidat jeune

Emmanuel Macron, ayant enfin révélé son programme, attire par sa propre « jeunesse ». Selon M., diplômé d’un master en sciences criminelles et candidat aux concours de la fonction publique, la réponse est simple : « Macron est jeune, il sait parler aux jeunes. On peut tous s’identifier à lui ! Le problème c’est que ce n’est que du vent, je pense qu’il n’y a rien derrière ! ». M. votera Fillon au second tour des élections, et reconnaît l’incapacité qu’a son candidat à toucher les plus jeunes : « Fillon fait partie d’un monde que l’on ne peut pas comprendre nous, la politique était différente à l’époque. Aujourd’hui selon moi il n’y a que lui pour nous sortir de ça, après j’aimerai avoir plus de choix…»

Le social ne fait plus mouche

Quant à Benoît Hamon, il frappe fort grâce à son revenu universel d’existence, qui à terme sera fixé à 750 euros et qui concernera automatiquement dans les premiers temps de son quinquennat les jeunes entre 18 et 25 ans. Il a cependant récemment reculé, modifiant la mise en place de sa mesure phare,  devant la pression politique, l’accusant de ne pas représenter « toute » la gauche. Le candidat PS et Jean-Luc Mélenchon, malgré des programmes plus largement tournés vers des questions d’ordre social, ne semblent plus apporter au « futur » les réponses tant recherchées.

Des candidats qui ont peine à se faire entendre

Convaincu ? Nous non plus … Au-delà du désenchantement sans appel dont font part les quelques jeunes approchés face à des élections d’une opacité impénétrable, c’est l’absence de réponse et le silence qui dérangent au-delà des mots. Le droit de vote acquis à la majorité ? Certains ne s’en servent même plus. Les militants existent encore, et heureusement. Mais nul besoin de militer pour prendre part à la politique de son pays. Si les candidats peinent à murmurer à l’oreille de la jeune génération en âge de voter, de notre côté les écoutilles semblent sérieusement se refermer.

Etudiante en 3e année de Bachelor 3e année Ecole 3A Lyon ainsi qu'étudiante en 3e année de Licence d'Anthropologie à Toulouse, originaire de Paris.

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