Mode

L’escapade parisienne de Louis Vuitton

Après nous avoir fait voyager aux quatre coins du globe, la collection printemps-été 2017 de Louis Vuitton prend ses quartiers d'été à Paris. Analyse.

Six … C’est la sixième collection que Nicolas Ghesquière dessine pour la maison Vuitton. Qui dit nouvelle collection dit nouvelle campagne, et donc nouveau décor. Après l’Italie, l’Espagne et les États-Unis, c’est à Paris que la marque pose ses valises. Ce n’est autre que Bruce Weber qui a shooté et captivé l’esprit rive droite/rive gauche des silhouettes avant-gardistes, mais résolument dans l’air du temps des muses Vuitton. Pour rendre hommage à la Ville Lumière, l’élégance est immortalisée sur les quais de l’île Saint Louis et la place Louis Aragon, lieux qui ont vu naître des mouvements culturels importants.

Retour sur la collection présentée à Paris en octobre dernier, et plus précisément dans le nouvel écrin de la marque phare de LVMH, Place Vendôme. Un bâtiment encore en chantier, contraste qui colle parfaitement à l’esthétique de cette collection et de ce que Ghesquière insuffle à la maison : une allure plus sportswear dans le luxe.

© Louis Vuitton

Les eighties sont à l’honneur

Dès le début, le ton est donné : le défilé s’ouvre sur un dialogue entre Gérard Depardieu et Natalie Baye extrait du film «Rive droite, rive gauche». Le glamour de la Parisienne est mis à l’honneur. Nicolas Ghesquière a imaginé un vestiaire pour toute la journée. On retrouve les influences de ce film sur les silhouettes : un tayloring destructuré, une coupe aiguisée avec des blazers tailladés ici et là, le système de boutonnage est repensé. L’ensemble des tailleurs sont portés avec des bottes en cuir ou en serpent. Les robes sont courtes ou longues, en lurex ou uni, avec une découpe géométrique aux épaules et aux hanches pour une cohérence graphique. La femme Vuitton mélange aussi les styles, comme cette robe à imprimé à pois et damier, emblématique de la maison. Elle arbore non sans complexe un tee-shirt à l’effigie d’une tête de fauve présente sur une des façades de la place. Les pantalons d’esprit pirate se portent avec un sweatshirt, parés d’un collier doré. L’influence eighties est de mise avec les épaulettes, et le combo top/jupe/legging en dentelle est rehaussé par un perfecto bleu métallique. Sans oublier les accessoires, qui font encore et toujours la part belle. Des sacs qui sont des personnages presque à part entière, mention spéciale à cette coque smartphone inspirée de la Petite Malle, futur must-have (dans les 700-800 euros, ouch).

Un hommage à Paris

Cette grâce et audace parisienne est très bien retranscrite dans la campagne, vibrant hommage à Paris, ville d’art, et avant tout d’art de vivre. Cette «Series 6» est une véritable vidéo carte postale, s’ouvrant sur le trafic citadin avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan. Sublimés par l’oeil de Bruce Weber, les visages des égéries phares de la maison se superposent avec ceux des mannequins s’offrant une escapade citadine, flottant « doucement dans un été de rêveries ». Tout cela agrémenté des lieux incontournables des deux rives (coucou la Tour Eiffel, la place de la Concorde, Notre Dame). Ça sent bon le cliché pour touristes, mais on aime. Après tout, Paris ne serait pas Paris sans ces endroits. Plus qu’une ode à la capitale, ce que Nicolas Ghesquière veut nous raconter, c’est l’histoire de ces héroïnes, de ces femmes, qui, à travers les siècles, n’ont cessé d’inspirer les écrivains ou les peintres. Paris est une muse à l’inspiration insatiable.

«Paris est l’âme de cette collection» explique Nicolas Ghesquière. «Avec cette frontière, rive-droite rive-gauche, qui nourrit l’imagination. Un Paris qui se nourrit de toutes les influences artistiques. C’est à cette Parisienne cultivée, intellectuelle, originale et libre que je voulais rendre hommage».

Le directeur artistique nous livre une parisienne fierce, ses habits comme rempart, à l’allure d’une combattante. Armée pour battre le bitume, contre toute épreuve.

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