Culture, Société

Exposition : l’esprit français ou l’amour des contre-cultures

L’exposition « L’esprit français, contre-cultures : 1969-1989 » revient sur vingt années de contestation et de changements historiques. Outre des actes de militantisme, l’époque a été marquée par l’émergence d’artistes en rupture avec la société.

« C’est dans ses marges que la France produit ce qu’elle a de meilleur ». Dès notre arrivée à l’exposition, le ton est donné. Au lendemain de Mai 68, les Français sont épris de liberté et de militantisme. La crise sociale et économique grandissante est une ouverture à la manifestation de contre-cultures. Elles rejettent la bienséance et l’esthétisme traditionnels par leur insolence, leur provocation, critique et mauvais goût.

1969-1989, une période vaste en événements

Entre autres, le célèbre « Bal tragique à Colombey – 1 mort » d’Hara Kiri suite au décès du Général de Gaulle, en 1970. 1971, la création du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR). 1973, première de Libération. 1974, mort de Pompidou. 1975, la loi Veil. 8 mai 1978, évasion de Jacques Mesrine de la prison de la Santé. 1980, mort de Jean-Paul Sartre, Coluche se présente aux élections présidentielles. 1983, montée du Sida et multiplication des crimes racistes. 1984, Jean-Marie Le Pen obtient 11% des votes aux élections européennes. 1989, la chute du mur de Berlin.

 

Couverture du 2 juin 1977

Des illustrations satiriques et du cinéma coquin

Dans les années 1970 – 1980, la bande dessinée n’est plus uniquement destinée aux enfants. Avec beaucoup d’humour, les dessinateurs de la contre-culture sont satiriques et décalés. Claire Bretécher, co-fondatrice de L’Echo des savanes et mère d’Agrippine, se moque de la bourgeoisie avec Les Frustrés. Tandis que Roland Topor fait une adaptation cinématographique de la vie du marquis de Sade (Marquis, présenté plus loin), où les acteurs prennent des traits d’animaux. Un rappel à La Fontaine et aux dessins animés pour enfants.

Roland Topor, Marquis, dessin préparatoire pour le film Marquis, 1987

Punk en France et vie de Palace

 Le punk arrive en 1976 dans l’Hexagone. Musicalement, on retiendra surtout le groupe français Bérurier Noir (« BxN » en abrégé, ndlr). Le mouvement a également connu ses égéries, plus ou moins revendiquées. Alain Pacadis, journaliste et auteur français, en tête de file. Une idole désabusée qui portait des croix gammées comme un passe-temps et par pure provocation. Noctambule, il passait sa vie au Palace, discothèque mythique de la nuit parisienne entre 1978 et 1983. Le Palace était le lieu phare de la culture gay et des artistes, où se retrouvaient Grace Jones, Gainsbourg, Kenzo ou Mick Jagger.

Unique livre écrit par Alain Paradis, en 1977, basé sur son « journal intime »

Informations pratiques :

L’esprit français, contre-cultures: 1969-1989, jusqu’au 21 mai 2017 à « La maison rouge », 10 boulevard de la Bastille, Paris XIIe.

Tableau à la Une: Michel Journiac, Hommage au putain inconnu, 1973

Adepte de chorégraphies ridicules, bien cachée dans sa cuisinehttps://lapinsclochettes.wordpress.com/

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