Culture, Mode

Louis Vuitton x Jeff Koons : quand les sacs se parent d’œuvres d’art.

La marque au monogramme n'en finit décidément plus de faire le buzz : après une incursion remarquée dans le streetwear en s'associant avec Supreme, elle a invité Jeff Koons, l'un des artistes les plus controversés, à revisiter ses sacs emblématiques.

Mardi dernier, tout le gratin people était convié dans la salle des États pour découvrir cette dernière collaboration en date. Invités d’honneur aux côtés de la Joconde herself. Le Louvre semblerait bien être devenu le nouveau terrain de jeu du malletier, après avoir défilé pour la première fois dans la cour Marly en mars dernier. Et témoigne de ses liens inextricables avec l’art.

Louis Vuitton a manifesté à de nombreuses reprises son intérêt pour le domaine en travaillant étroitement avec des artistes : la marque avait déjà collaboré avec Stephen Sprouse, Takashi Murakami ou encore Richard Prince sous l’ère de Marc Jacobs. Sans compter la création de la Fondation à Paris, dédiée à l’art contemporain, et son rôle actif en tant que mécène. Cas historique, la maison a cette fois-ci autorisé l’artiste à redessiner le monogramme et y ajouter ses propres initiales.

Cela donne lieu à une collaboration détonante, haute en couleurs, à l’instar de la vidéo promotionnelle, où l’on y voit les personnages prendre vie et s’encanailler avec Chocolate de Jesse Ross en fond sonore. Impertinent. Les tableaux choisis font partie de la série Gazing Ball que Koons avait présenté à New York en 2015, où ils étaient agrandis comme une affiche avec une boule de verre bleue devant. Parmi ce casting cinq étoiles, on retrouve la Joconde de de Vinci, la Chasse au tigre de Rubens, la Gimblette de Fragonard, Champ de blé avec cyprès de Van Gogh, et Mars, Vénus et Cupidon du Titien. Ce n’est pas moins de 51 pièces qui sont parées de ces tableaux mythiques. L’accessoire en forme de lapin orne les sacs, signe de distinction de Jeff Koons. Une biographie ainsi qu’un portrait des deux artistes et une mention pour le musée où l’oeuvre est exposée seront contenues dans le sac.

La collection n’est pas encore sortie qu’elle fait déjà des émules. Elle déchaîne les passions sur les réseaux sociaux, certains criant au mauvais goût, d’autres au génie. Véritable objet d’art ou coup de bluff marketing ? La question se pose. Atteignant une audience plus large, l’art est un formidable canal de communication pour les grandes marques en quête d’une valorisation et crédibilité toujours plus accrue. Un chamboulement témoignant de la porosité entre l’art et le luxe. Mais n’est-ce pas un pari risqué pour une marque à l’aura si prestigieuse de détourner ces œuvres d’arts ? Et d’avoir choisi un artiste à la réputation sulfureuse ?

La collection «Masters» sera disponible dans les boutiques Louis Vuitton à partir du 28 avril. Une affaire qui, pour sûr, est dans le sac.

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