Culture

Love on the Beat au Centre Pompidou

Il faut d’abord monter les 6 étages du Centre Pompidou, admirer le joli ciel gris de Paris, pour enfin arriver à l’exposition Beat Generation. Installé depuis le 22 juin 2016, l’événement amène le visiteur au cœur de ce courant artistique si particulier. Née aux Etats-Unis à la fin des années 40, la Beat Generation a influencé une grande partie des artistes de la deuxième moitié du XXe siècle.

Speed et écriture automatique

Tout commence par le début (logique, pas vrai ?). C’est par la machine à écrire de William S. Burroughs que nous sommes accueillis dès l’entrée. Véritable symbole la Beat Generation, c’est sur ce petit monstre de métal que Le Festin Nu fut écrit en 1959. C’est par l’écriture, le (non)sens des mots et une syntaxe presque nouvelle que le phénomène Beat se fit connaître. Inspirés par le courant Dada et le Surréalisme plus généralement, les écrivains comme Burroughs, Ginsberg ou Kerouac révolutionnèrent la manière d’écrire et de penser.

Manuscrit de "Sur la Route"
Manuscrit de « Sur la Route »

 

C’est d’ailleurs grâce à Kerouac que l’exposition a pu trouver son œuvre principale. En étant l’un des écrivains les plus emblématique et sûrement le plus connu de la Beat Generation, Jack Kerouac a séduit toute une génération avec son roman Sur la route. C’est le manuscrit complet qui y est exposé au Centre Pompidou. Long de 36 mètres, le premier jet du livre, au passage initialement appelé « Beat Generation », est exposé en plein milieu de l’étage. Véritable colonne vertébrale de l’événement, le manuscrit a été écrit d’une seule traite et d’un seul bloc. Kerouac, fervent partisan du procédé d’écriture automatique (fait d’écrire en laissant son esprit guider son stylo, sans ne rien filtrer, nldr) et des amphétamines, écrivit Sur la route avec ces techniques particulières.

Une génération marquée par la violence d’après-guerre

De chaque côté du manuscrit, des projections de routes qui défilent, comme pour emmener le visiteur…sur la route. Une fois l’oeuvre principale admirée, l’exposition laisse le spectateur déambuler dans les multiples recoins de l’étage. On peut, par exemple, y admirer les photos de Robert Franck avec un délicat air de be-bop joué par un vieil Lagier ZZ de 1933. Aussi, le clip de Subterrean Homesick Blues de Bob Dylan est rétroprojetté sur un grand mur. Véritable folk (puis rock) symbol des sixties, Dylan fut largement influencé par la Beat Generation. Son séjour au Greenwich Village au début des années 60 y est sûrement pour quelque chose.

"The Singing Posters" au Centre Pompidou
« The Singing Posters »

En s’enfonçant encore un peu dans le dédalle de poèmes et photos, le visiteur tombe sur une composition murale assez étonnante, faite de nombreuses affiches multicolores. C’est The Singing Posters, d’Allen Ruppersberg. L’artiste a ici représenté le fameux poème Howl de Allen Ginsberg : des extraits du texte sont affichés sur des affiches bleues, oranges ou vertes fluo. The Singing Posters est bien la deuxième œuvre colorée sur l’exposition Beat Generation. Les autres couleurs présentes sont portées par les affiches (d’époque, encore et toujours) de LIFE. Très marquée par la Seconde guerre mondiale, la guerre de Corée et celle du Viêtnam, la Beat Generation est malheureusement indissociable de la violence qui a forgé le monde de l’après-guerre.

Une expo pour des fans faite par des fans

Comme le sujet qu’elle traite, l’évènement « Beat Generation « est sans dessus-dessous. C’est une expo qui se vit à mille à l’heure, à l’image du courant artistique qu’elle représente. Un joli coup de maître des organisateurs, du moins on l’espère. Avec ces archives spectaculaires, le visiteur est transporté de New York à San Francisco, en passant par Paris. Néanmoins, le manque d’informations claires sur la Beat Generation est ici à déplorer. En effet, le visiteur ne trouvera aucune affiche ou pancarte expliquant clairement l’univers de Kerouac et ses compères.

Une centaine de photos sont exposées au Centre Pompidou

Une expo faite par des fans et pour des fans, donc. Malheureusement ici, le novice ne semble pas y avoir sa place. Il ressortira de « Beat Generation » un peu perdu, en ayant peu appris, mais fasciné par cet art, bizarrement, toujours aussi impressionnant.

Étudiant journaliste en troisième année, j'aime les beaux mots et la jolie musique.

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