Culture

Lyon : Mow pose son regard sur l’Urban Art Jungle #4

Les 23, 24 et 25 février derniers, l’association Superposition lançait la 4e édition de l’Urban Art Jungle. Au programme ? DJ Set jour et nuit, exposition, live painting et ateliers, avec la promesse d’une expérience multi-sensorielle et immersive. Pari réussi ? Mow est allé enquêter lors de la deuxième journée du festival.

Un lieu quasi désaffecté, des food trucks, des espaces chill, des beats, des dizaines de gens qui font la queue et se pressent à l’accueil pour obtenir leurs précieux sésames d’entrée… Le décor est planté ! Pendant trois jours, l’Urban Art Jungle proposait de vous immergez au cœur de la culture urbaine, vous invitait à vous approprier cette parcelle de ville et à vous initier à ses pratiques.

Dans la cour d’entrée se mêlaient les odeurs de street food et celles des bombes de peinture et des posca ; la musique embrassait les conversations des groupes d’amis, des cris d’enfants dans un sympathique capharnaüm. L’Urban Art Jungle c’est avant tout une proximité avec la culture urbaine qui permet de belles découvertes et rencontres artistiques.

On se sent bien, on observe Vincent Leclere, Sphinx, Wenc et Monsieur Zero graffer ; on échange avec des artistes sur leur technique, comme Mani, qui nous confiait « j’aime bien ce contraste entre le trivial et l’art, utiliser quelque chose d’anodin pour en faire une œuvre », et on ne peut qu’approuver.

Vincent Leclère – ©Mow Magazine

La jungle mêle les genres, elle est conviviale et intergénérationnelle. Tout était réuni pour en faire un événement phare de la culture urbaine lyonnaise mais…

S’inspirer pour mieux régner

…Il y a un goût de trop peu. Nous attendions la fameuse expérience immersive, grande tendance et promesse du marketing et de l’événementiel actuels, de celle qui vous en mets pleins les yeux. Tous les ingrédients y étaient : un lieu, de grands espaces, de l’intérieur, de l’extérieur, des centaines de mètres carrés… Un grand terrain de jeux s’offrait à l’Urban Art Jungle et à ces artistes et finalement ? Une exposition qui se contente d’être qu’une exposition, de bons artistes, quelques grandes fresques et du live painting certes, mais où est l’appropriation ? Le jeu des artistes avec les espaces qui leurs sont offerts ? Où sont les fresques monumentales qui tapissent sol et plafond ? Où est l’immersion que l’on peut retrouver dans des événements comme la Tour 13 à Paris, la Villa Occupada à Nantes, ou encore au festival Shake Well à Bordeaux qui lançait sa 2e édition l’été dernier…

Shake Well Festival 2017 © Emilie photographie le monde

Alors oui, l’Urban Art Jungle et Superposition ont du potentiel, il ne leur reste qu’à prendre exemple sur leurs aînés comme Pick up production (44) ou Transfert (33), pour prendre leur envol et s’élever au même niveau que leurs confrères nationaux.

 

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