Culture

Mowsique #8

Mes goûts musicaux ont toujours été très éclectiques, en mouvement perpétuel. Ma playlist navigue sur des eaux plus ou moins cohérentes, entre une électro posée, un rap aux accents rétro, une RnB soul punchy, une pop électro des années 70, des chansons à textes forts, souvent des chanteurs(euses) à voix qui me touchent. 12 musiques qui en ce moment m’apaisent, me donnent le sourire, ou une envie irrésistible de danser, et j’espère vous feront le même effet.

  1. Rone – Bye Bye Macadam

Rone est un magicien de l’électronique, ses trois albums publiés par le label Infiné ont d’ailleurs été salués par la critique. Pour se reconcentrer sur sa musique, il s’est installé à Berlin en 2011, et en est né son deuxième album Tohu Bohu, considéré comme une des meilleures sorties électro de l’année. Bye Bye Macadam est une valeur sûre de l’artiste, qui affole le public dès qu’il lance les premières notes en concert. Quatre minutes vingt-cinq d’électro mystique, envoûtante, qui monte en puissance et me transporte dans une autre dimension. Mention pour le clip tout aussi perché, en animation noir et blanc, plein de sorcellerie intergalactique.

  1. Russ – Goodbye

Russ est une pépite du rap américain peu connue du grand public, qui écrit, enregistre et produit lui-même ses sons. Goodbye se dénote de son répertoire par une douceur soul qui me va droit au cœur, et par le choix de se mêler à la sublime voix rauque mais fluide d’Esther Phillips, impératrice du rythm and blues. Cette suavité fusionne étonnamment à la perfection avec le rap plein de douleur et de rage de Russ. Le tout me rappelle l’excellent Loyle Carner (voir Mowsique n°6) pour le côté vintage et les paroles de cette chanson de rupture.

  1. Her – Quite Like

Le duo de chanteurs rennais qui ont formé Her sont des anciens du groupe The Popopopops, que j’affectionnais déjà. A deux, leur pop a pris un tournant soul voire gospel qui me plaît encore plus, pour clamer des hymnes aux femmes et à l’amour. Quite Like est un des singles à succès du premier album Her Tape #1. J’adore la rythmique de cette musique aux paroles sensuelles, leur voix qui monte dans les aigus comme un cri de louve à la pleine lune. Notez également l’excellent Five Minutes qui parle de coup de foudre.

  1. Sofi Tukker – Hey Lion

Un nouveau duo, new-yorkais cette fois, que l’on pourrait qualifier de pop tropicale. L’album Matadora est une ode exotique regorgeant d’instruments brésiliens qui en font tout son charme. Hey Lion donne des envies d’évasion parmi les félins, par ses percussions et son rythme claquant, dansant, tribal. Je vous conseille également Drinkee, plus charnellement latino et électro, sorti de leur premier EP « Soft Animals ».

  1. Recondite – Levo

Clin d’œil à tous les fans de la série The Young Pope, Levo (du superbe album Iffy) est la bande originale qui ponctue de nombreuses scènes, et m’a fait connaître Recondite, cet Allemand qui maîtrise à la perfection une électro minimale délicate, précieuse même. Levo semble prévenir d’un drame imminent, illustration parfaite du calme avant la tempête, un air paisible mais chargé d’une tension croissante.

  1. La Femme – Septembre

Leur second album Mystère sorti en 2016 les a fait rafler la deuxième position de « l’album rock de l’année » aux Victoires de la musique en février dernier. Pourtant, en découvrant le groupe l’année précédente je n’avais pas été très emballée. Je les ai rapidement relégués dans le tiroir des révélations sans réel talent qui ne devaient leur réussite qu’à un effet de mode lancé par deux-trois hipsters. Pourtant récemment je suis tombée sur Septembre, et – vous pouvez m’appeler girouette – j’ai trouvé la mélodie et les paroles d’une poésie folle, élégamment enfantines. Ce qui m’avait d’abord déplu me semble à présent si charmant, cette manière d’utiliser les mots les plus simples de notre si riche langue, comme une comptine, désarmante.

  1. Tourist – Run

Encore de l’électro, pardon, mais je ne peux pas passer à côté de celle-là. Tourist s’est notamment fait connaître en co-écrivant Stay with me avec Sam Smith et James Napier. Il est passionné d’électronique, qui représente pour lui la musique de demain. Son seul album U, sorti en 2016, est très personnel, il y parle d’amour à sa façon. Notamment dans Run, la musique que je fais écouter à tout le monde, et même si parfois je reste seule dans mon enthousiasme, je ne démords pas. Lorsque les premières notes me parviennent, je sais que mon pas va s’accélérer. Sans mauvais jeu de mot, elle me donne réellement envie de courir de plus en plus vite, comme dans le clip, comme un coyote en liberté dans la forêt. Bon du coup je presse juste un peu le pas dans la rue, mais ça me fait presque le même effet. C’est dire.

  1. Agnes Obel – Riverside

J’ai découvert récemment cette musicienne danoise de folk dont les cordes vocales semblent de cristal. Ce morceau est tiré de son premier album Philharmonics (2010), qu’elle a écrit et composé seule. On y retrouve des mélodies dont elle revendique la simplicité presque enfantine, une musique mélancolique, touchante, aux paroles rêveuses. Riverside me donne simplement envie de me balader pieds nus dans la nuit sur les berges mousseuses d’une rivière en été.

  1. Nao – Girlfriend

Nao est une jeune anglaise, réelle révélation d’une musique entre un R&B électronique et une funk moderne. Elle puise ses influences dans les années 70, des références old school comme Stevie Wonder ou Prince, et a décidé de baptiser son genre musical le « wonky funky ». Son plus grand atout est sans conteste son timbre si particulier : dans Girlfriend, toute la palette de sa voix d’ange est explorée, comme gonflée à l’hélium, presque extraterrestre.

  1. Sparks – Those Mysteries

Un peu de pop-rock rétro, Sparks est un groupe formé par les frères Ron et Russell Mael au début des années 70, et le duo dure encore aujourd’hui, avec la même énergie doucement dingue. Je trouve leurs textes délicieusement inconventionnels, mariés à des mélodies tout aussi tordues. J’adore Those Mysteries qui vous fait avoir une crise existentielle par ses questionnements sur les mystères de la vie.

  1. Dope Lemon – Honey Bones

Dope Lemon est le nouveau projet d’Angus Stone, qui me faisait déjà danser avec le tube Grizzly Bear qu’il avait fait avec sa sœur Julia. Cet Australien écrit, chante, produit une folk blues, qui a pris un aspect psychédélique avec Dope Lemon, qui nous ramène dans les glorieuses 60s avec l’EP Honey Bones. Le clip de ce morceau éponyme l’illustre magnifiquement par ses naïades hippies dansant dans la prairie. Les sonorités me rappellent The Doors, en plus planant.

  1. Mac Miller – Dang ! (feat. Anderson.Paak)

Dang !, extrait de l’album The Divine Feminine de Mac Miller, est une collaboration avec Anderson.Paak qui fonctionne à merveille. Leurs deux univers se mêlent pour nous offrir quelque chose de nouveau, entre le rap hip-hop claquant de Miller et le RnB soul doux, rauque, fébrile d’Anderson. Paak. On a envie de dire « Dang ! » (pardon, mais c’était trop facile).

Envoyer à un ami