Culture

Les narcocorridos, des odes musicales aux barons de la drogue

Au Mexique, les ballades de la drogue sont des éloges aux crimes et à la dope. Une musique populaire, presque traditionnelle, contre laquelle le gouvernement se mobilise.

Tandis qu’El Chapo encourt la réclusion criminelle à vie, des troubadours perpétuent sa légende dans les rues mexicaines. Ces bardes chantent les louanges des trafiquants de drogue, idoles contestées de l’Amérique du Sud. Ils content leur vie, leurs alliances, crimes et trahisons. Une sorte de gangsta rap sur des tons folk.

Les narcocorridos rencontrent un grand succès chez les jeunes, notamment en soirée. Les cartels emploient ces ballades de la drogue comme de la propagande. Et des centaines de groupes de musique en font des albums.

 

De la révolution aux passes de pochons

Le « narcocorrido » (« ballade de la drogue » en français, ndlr) est un dérivé du « norteño-corrido » (« ballade du nord » en français, ndlr).  En 1910, cette musique traditionnelle, issue de la révolution mexicaine, célébrait les exploits des combattants rebelles. Le narcocorrido est né dans les années 1930, sur des bases d’accordéon, de trompette et de polka. Aujourd’hui, les récits sont généralement des affaires de passes et de petits dealeurs. Ce mouvement est devenu un véritable marché. Des trafiquants financent même des musiciens pour les mener à la prospérité ou envoyer des messages aux bandes rivales.

Le gouvernement contre l’incitation

Depuis 10 ans, la guerre de la drogue est l’un des sujets centraux du Mexique. Les narcocorridos ne sont évidemment pas les bienvenus. Ils incitent les jeunes à la violence et détériorent l’image de la culture mexicaine. Les narcocorridos sont interdits de diffusion sur les ondes, dans les bars et dans les concerts (au prix d’une amende bien sentie).

Néanmoins, les ballades de la drogue sont particulièrement virales sur le web. Elles s’infiltrent dans la culture pop américaine et amusent les « narcos club » de Los Angeles et d’Atlanta. La Maison Blanche risque de grincer des dents.

Adepte de chorégraphies ridicules, bien cachée dans sa cuisinehttps://lapinsclochettes.wordpress.com/

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