Société

Nique la police ? Vraiment ?

Nique la police ? Vraiment ?

La haine contre la police est de plus en plus présente dans le cœur des populations. De nos jours, on remarque l’expression de cette haine de partout, que ce soit un tag sur un mur, un post sur les réseaux sociaux ou un cri au sein d’une manif, le « nique la police » occupe une place omniprésente dans notre quotidien.

Une mauvaise publicité grandissante

Aujourd’hui, dès qu’il se passe quelque chose, de plus en plus de personnes ont le réflexe de sortir un portable et de filmer la scène. Les faits et gestes de chacun sont rendus visibles pour tous, entraînant souvent une vague de protestation de la part des internautes se basant uniquement sur une vidéo de quelques minutes.

Les histoires de bavures policières font vendre et les médias le savent. La police n’est plus accusée par un internaute lambda mais bel et bien par des entités journalistiques qui ont la confiance de leurs lecteurs. Une petite erreur et la police se retrouve au centre des polémiques. Violences policières, « l’objectif n’est plus de repousser un groupe mais de blesser des individus » pour les Inrocks, Un lycéen tabassé devant le lycée Herni-Bergson par un policier lors de la manif anti-travail pour le Huffingtonpost, « Il m’a mis un point, je l’ai senti passer » pour l’Express ou encore Des policiers foncent sur la foule à Rennes, la bavure de trop ? pour l’OBS.

Nique la police ? Vraiment ?

Bien sûr, cette façon de faire est utile et a permis de dénoncer des problèmes profonds. Nous avons pu le constater notamment aux États-Unis où des vidéos de policiers montrent un acharnement sans réelles raisons contre la communauté afro-américaine. Certains actes se doivent d’être dénoncés afin de pousser les gens à se rendre compte d’une réalité bien triste et d’essayer de faire quelque chose.

Toutefois, comme souvent, ce genre d’évènement pousse chacun à se méfier et à scruter de près les faits et gestes de nos forces de l’ordre. On ne fait plus la différence entre un geste mal placé et une bavure policière, on regarde attentivement chaque vidéo en cherchant le moment qui justifiera une fois de plus notre haine envers ces policiers qui sont censés nous protéger au quotidien. Si quelqu’un croit apercevoir quelque chose, il criera à tous qu’il a la preuve, une fois de plus, que les policiers sont l’ennemi et qu’il faut les haïr, comme si c’était eux les responsables de tous les maux de notre pays.

Nique la police ? Vraiment ?

La représentation la plus accessible du gouvernement

 Souvent considérés comme les bras droits de notre gouvernement, les policiers en sont la représentation qui nous est, à nous citoyens lambdas, la plus accessible. Le gouvernement nous déçoit chaque jour un peu plus avec des mesures que nous ne comprenons pas et la colère grandit. Seulement, comment l’exprimer quand on ne peut pas accéder aux responsables directs ? D’après le TNS, en Juillet 2016 c’est 86 % des français qui ne font pas confiance à François Hollande pour résoudre les problèmes qui se posent en France contre 35 % en Décembre 2015. Mais, à part envoyer un tweet haineux à François Hollande ou à l’un de ses ministres, nous n’avons pas d’autre choix que de protester dans le vent.

Bien sûr, il reste les manifestations. Cependant, ce n’est pas au gouvernement que nous faisons face dans ce genre d’évènement, mais bel et bien aux forces de l’ordre. Ce sont eux qui reçoivent la haine que nous exprimons face à nos politiques et ce sont eux qui ripostent.

À la base, la police agissait pour le bien du peuple. Face aux vagues de protestations actuelles et à la haine que nous exprimons face à notre gouvernement, il semblerait que ce ne soit plus le cas. La police travaille désormais pour le gouvernement, contre le peuple. Au départ, les forces de l’ordre étaient supposées être un gage d’assurance pour les populations. Maintenant, elles sont craintes de tous, on a tous peur d’être embêté par la police.

Nique la police ? Vraiment ?

La police peut également être représentée comme le symbole même de la France. Dans un pays de plus en plus sous tension comme le nôtre, il est difficile d’accepter n’importe quel symbole de patriotisme. Pourtant, derrière l’uniforme on retrouve des personnes de toutes origines, ayant décidé de faire le bien en rentrant dans les forces de l’ordre. De façon générale, on préfère considérer l’entité même qu’est la police plutôt que ceux qui la constituent, entrainant ainsi de nombreux préjugés et amalgames sur ce qu’elle est vraiment.

 

Derrière l’entité, il reste les hommes

Les policiers sont souvent considérés comme étant uniquement les représentants de l’entité qu’est la police. Il est facile d’oublier que derrière, ce ne sont que des hommes, comme vous et moi, qui exercent leur métier. Comme de partout, il y a des connards et des gens biens. Le problème, c’est que cette profession est censée représenter l’ordre et veiller sur nous, alors quand on observe un de ces hommes dévier du droit chemin, on s’indigne. Peut-être qu’au final, la haine n’est pas le bon mot, la peur semble être le sentiment le plus adéquat face à ces situations. La peur de tomber nous aussi face à un homme qui use de son pouvoir contre nous, la peur d’être victime nous aussi d’un geste mal placé. Toutefois, il est plus facile de s’indigner que de dire tout simplement «  ils me font peur, j’ai l’impression de ne plus être protégé ».

Au final, tout est lié. La peur résulte de cette mauvaise publicité que nous offrent chaque jour les médias et de notre gouvernement qui semble se désintéresser totalement de nos inquiétudes face à la situation dans laquelle se trouve notre pays. «  Et si il m’arrive quelque chose et que la police ne fait rien ? ». La police est censée nous protéger et pourtant, chacun est en droit de se poser cette question. Si il m’arrive quelque chose, la police sera certainement mon premier choix pour demander de l’aide. Et si ils ne faisaient rien ? Et si ils ne venaient pas m’aider ? Malgré le fait qu’on aime crier haut et fort à quel point on déteste les forces de l’ordre, on prie tout de même de tous nos cœurs pour qu’ils soient présents le jour où on aura besoin d’eux.

Nique la police ? Vraiment ?

Une autre question peut également se poser, est-ce que la haine de la police ne serait pas une solution de facilité pour certains ? Le gouvernement poste ses policiers en première ligne tout en les blâmant dès la première erreur commise. Si le geste d’un policier est médiatisé, il risquera fort d’être poursuivi. Peut-être seulement pour l’exemple ? Contrairement à d’autres pays, la police est surveillée et punie à la moindre erreur. Pousser les gens à haïr les forces de l’ordre ne serait-il pas la meilleure solution pour un gouvernement de se protéger face à la haine de la population ? Qu’en est-il des règles censées défendre ces hommes et ces femmes qui nous protègent face aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer ?

Crédits Image à la une  : Benno Hansen via Creative Commons 

Etudiante en 2ème année de journalisme et marketing web éditorial. J'aime titiller les sujets sensibles.

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