Culture, Lifestyle

Nuits Sonores 2017 : la monstrueuse programmation « Nuits »

Après avoir présenté une programmation « Days » fort alléchante, l’orga des Nuits Sonores vient de dégainer le gros morceau du festival avec le plateau « Nuits ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas fait les choses à moitié : des têtes d’affiche énormes, un nouveau lieu (les anciennes usines Fagor-Brandt dans le 7e arrondissement) démesuré présentant trois scènes et quatre nuits de folie. Attachez vos ceintures, ça décoiffe.

De la bouche même de Vincent Carry, directeur d’Arty Farty (structure mère des NS), cette quinzième édition se veut « un reflet de [leur] engagement sur le terrain de la diversité et de l’ouverture », une « charnière entre la recherche de nouveaux terrains sonores et des artistes historiques du festival ». Une philosophie respectée à la lettre, puisque chaque scène présentera une thématique différente incarnée à la fois par des espoirs émergents et des figures tutélaires du milieu.

 Nuit 1

© David Hugonot Petit

Sur la première scène, axée autour de la « culture du synthétiseur », on retrouvera ainsi la fraîcheur d’Agar Agar, nouvelle coqueluche de la scène synth-pop française, la darkwave des Lyonnais de Poison Point ou encore l’oscillation techno/space disco d’Andre Bratten, nouvelle référence des clubs d’Oslo. Le tout épaulé par la techno mélodique de Mind Against, et surtout le grand retour de Vitalic et sa toute nouvelle odyssée disco cosmique, Voyager.

La deuxième sera elle tournée sur « l’hybridation entre house/techno et de nouveaux courants émergents ». On y croisera entre autres la house novatrice de The Pilotwings, le mélange ambient/house très organique de Lord Of The Isles, mais surtout le très attendu set de Talaboman, collaboration entre John Talabot et Axel Boman qui promet une deep house hypnotique et rêveuse.

La troisième partie sera elle tournée vers le hip-hop, et notamment la scène grime, en pleine explosion avec ses figures de proue anglaises : le petit prince AJ Tracey, le phénoménal Stormzy et l’effrontée Lady Leshurr. Sans oublier bien sûr la petite french touch, ici représentée par Leanionnaire Mob et Kekra.

Nuit 2

© b-rom.com

Comme il est de coutume, la deuxième nuit sera celle du circuit, qui s’étend cette année – quinze ans oblige – à quinze lieux différents, où s’étaleront trois grandes ambiances.

Pour une vibe plutôt rock, on vous invitera à aller vous abreuver du côté de l’Ayers Rock Boat (Rendez-vous, Orgasmic, Teki Latex), de l’Epicerie Moderne (Group Doueh & Cheveu), du Marché Gare (avec notamment les fabuleux Wand), du Périscope (Unglee Izi) ou encore du Sonic (Matteo Vallicelli).

Plutôt branché club ? Vous pourrez aller vous trémousser à l’Ambassade (David Morales), au Bellona (Komel Kovacs, Axel Boman….), au Groom (Chez Damier), au Petit Salon (Ben Sims, Malinké) ou au Terminal (avec rien de moins que le légendaire DMX Crew).

Si vous avez envie de plateaux plus diversifiés, direction le Lavoir Public (Cassie Raptor), la Maison Mère (The Bongo Hop, Simbad), le Ninkasi (et ses trois scènes foisonnantes, on ne sait même pas quoi vous conseiller !), le Transbordeur (idem) ou la Plateforme (Roy Davis Jr.)

Bref, préparez vos meilleures chaussures, le Circuit cru 2017 s’annonce comme une longue et merveilleuse route.

Nuit 3

© DR

La première scène de cette Nuit aura une saveur bien particulière, puisqu’elle mettra en avant l’influence du jazz et du free-jazz sur l’électro contemporaine. Et quoi de mieux pour cela que d’inviter Pharoah Sanders, légende vivante du saxophone, qui a notamment joué avec Sun Ra ou John Coltrane ? La puissance de sa musique et son doigté incomparable ne manqueront pas de marquer les festivaliers, comme ont pu l’être Floating Points, Harvey Sutherland ou Funkineven, qui viendront illustrer l’impact de cet illustre aîné musical sur leur univers électro.

Sur la deuxième scène, il sera question de mutation, et tout particulièrement celle de la techno. Les divers sets tenteront de montrer l’évolution de ce genre à part, jusqu’à son visage actuel. Pour cela, les NS sont notamment allées piocher la techno cross-genres de Marie Davidson, celle hypnotique et rêveuse de la touche-à-tout Aurora Halal, ou encore la dark techno de Helena Hauff dans un versus avec Umwelt, producteur underground emblématique de la scène lyonnaise.

La troisième scène sera elle « la plus nuits-sonorienne », à savoir la plus ouverte sur le monde. On y croisera aussi bien le krautrock dément des formidables Lyonnais d’Ashinoa que Mustafa Özkent, véritable mythe de la guitare turque accompagné d’un band d’artistes belges ; mais aussi Omar Souleyman ou King Ghazi. Un grand melting-pot de sonorités qui s’annonce délicieux.

Nuit 4

© Chemical Brothers

De l’aveu même de l’orga, c’est « la plus grosse nuit du festival, celle qui fête les quinze ans, un gros cadeau ». Il suffit de jeter un œil à la programmation XXXXL de la première scène pour s’en convaincre : Rizan Sa’id, Errorsmith, The Chemical Brothers et DJ P. Moore en clôture. Est-il vraiment besoin d’en rajouter ?

La deuxième scène sera placée sous le signe du retour en force de la house music, porteuse de toute l’énergie et l’explosivité qui la caractérisent. On y retrouvera notamment le supergroupe de la house hexagonale Raheem Experience, la house protéiforme de Soichi Terada ou l’incontournable Kink, dj et producteur bulgare qu’il n’est plus besoin de présenter.

Amateurs de rock, c’est vers la dernière scène qu’il faudra vous tourner : un véritable petit bonbon aux saveurs krautrock, psyché et indus vous y attend. Autour des totalement cultes Einstürzende Neubaten (« à voir au moins une fois dans sa vie » nous glisse-t-on), pionniers d’une musique industrielle portée par leurs perceuses et leurs bétonnières (si, si), on retrouvera Beak>, side-project de l’immense Geoff Barrow (Portishead, ça vous dit quelque chose ?), MR TC ou encore les Lyonnais de Pratos, piliers du label Misère Records avec Ashinoa.

Ouf, ça y est, on a fini. On vous avait bien dit que ça décoiffait. Et encore, on n’a pas tout mis (oui oui, il y a encore bien plus que cet interminable article) : pour retrouver l’intégralité de la programmation, ça se passe par ici. Quant à celle des « Days », vous pouvez la retrouver par là.

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