Culture

Ode à Millie Bobby Brown, la star de Stranger Things

Révélée en 2016 par la série vintage de Netflix, l’actrice Millie Bobby Brown est de retour, depuis vendredi dernier, dans la deuxième saison de Stranger Things. L’occasion pour Mow de s’en réjouir.

Dans le premier épisode de cette nouvelle saison, on guette avec une certaine impatience son apparition, qui tarde. Les frères Duffer, créateurs de la série et réalisateurs des deux premiers « chapitres », selon le terme employé dans le show, débutent leur histoire avec douceur. On navigue d’abord dans Hawkins, ville américaine d’apparence tranquille où une bande de gamins attachants filent sur leur vélo à toute berzingue, pour aller jouer dans une salle d’arcade. Le bourru shérif gère les petits problèmes des habitants, qui en cachent de plus gros, et Joyce Byers renoue avec son fils après l’avoir pleuré durant toute la saison dernière. Bref, tous les personnages principaux comme secondaires que l’on connait sont de retour. Mais celle que tout le monde guette, la plus importante, se fait attendre.

Telle une perle dont on veut prolonger l’éclat le plus longtemps possible, Millie Bobby Brown, qui joue Eleven/Jade, est choyée par les frères Duffer, qui l’utilisent avec parcimonie, conscients qu’ils tiennent-là un pur phénomène. Conscients que le public n’attend que son apparition. La première, et les suivantes, doivent être marquantes. A divers degrés, elles réussissent à l’être. S’ils végètent parfois à atteindre une efficacité totale, notamment quand ils s’éloignent des sentiers battus (voir l’épisode 7, raté car tout dans la nouvelle bande de parias est superficiel et ringard), les auteurs de la série ont une maîtrise indéniable des codes visuels propres à galvaniser le spectateur. Utilisés dans les années 80, décennie de référence de Stranger Things, sur des stars comme Arnold Schwarzenegger ou Sylvester Stallone, ces codes spectacularisaient leurs apparitions et glorifiaient leurs exploits. Millie Bobby Brown, 13 ans et très loin de la musculature des deux ex-vedettes du cinéma d’action, n’est pas filmée autrement qu’eux.

La Nouvelle Star

Il faut voir la façon dont son personnage est mis en scène quand, déterminé, il ouvre une porte close grâce à son esprit. Sa silhouette se dessine ensuite dans l’embrasure de celle-ci et, bien que gracile, elle imprègne la rétine par son aura. Ainsi que par la puissance d’un regard toujours aussi expressif depuis sa première apparition, dans la saison 1. Il faut voir également quand Eleven fait un carnage hors-champ et quand ses pieds, puis son buste, puis son visage déboulent à l’écran, au ralenti, sur une musique aérienne typique des eighties. L’actrice est le sujet des plans les plus puissants de cette saison. Des plus galvanisants. Des plus émouvants, aussi. Millie Bobby Brown est filmée comme une icône, qu’elle est.

Dans les neufs épisodes inégaux, mais qui charpentent une tout de même solide saison 2 de Stranger Things, elle navigue çà et là, sans apparaître trop et sans en faire trop, ce qui est déjà bien assez pour marquer les esprits. Elle se fait plus rare que ses jeunes comparses, que ce soit dans le show ou en-dehors. L’autre bambin doué de la jeune troupe, Finn Wolfhard (Mike Wheeler), est apparu en 2017 dans le film d’horreur Ça, adapté de Stephen King. Millie Bobby Brown, elle, se fait plus discrète. Depuis qu’elle s’est révélée dans la première saison de la série, elle n’a joué dans aucune autre fiction. Elle patiente pour démarrer au cinéma une carrière à la hauteur de son talent, et profite de son aura nouvellement acquise pour graviter dans l’univers de la mode. Découverte mutique et le crane rasée, déjà iconique, elle a étoffé son apparence à la ville et est devenue « l’élue de la mode » d’après le magazine spécialisé L’Officiel. Chic et élégante, elle ne se disperse cependant pas et économise son talent. Elle a raison. Tout ce qui est rare est précieux.


Crédit photo de couverture : ©Netflix

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