Culture

Les œuvres du MoMA New York s’installent à Paris

Jusqu’au 5 mars prochain, 200 œuvres originales du MoMA (Museum of Modern Art) sont exposées à la Fondation Louis Vuitton à Paris. A défaut d’avoir traversé l’Atlantique, on a pu admirer un bout de l’emblématique musée new-yorkais.

Nos sens mis en éveil

L’exposition Etre moderne : le MoMA à Paris nous permet d’admirer des œuvres des six départements du prestigieux musée, allant de la naissance de l’art moderne à des époques plus contemporaines, en mêlant les expressions artistiques. Si la peinture a une large place dans l’exposition ; photo, vidéo, sculpture, son et autres performances y trouvent aussi leur compte. Le Baigneur de Cézanne ouvre la première galerie, accompagné dans la même salle d’objets industriels ou encore de photographies de Walker Evans. Se côtoient ensuite Picasso, Magritte, Frida Kahlo, Duchamp, Gustav Klutsis avec ses photomontages d’affiches soviétiques ou encore Walt Disney et Ub Iwerks avec un court-métrage où Mickey Mouse faisait sa première apparition…

Exposition « Etre moderne » à la Fondation Louis Vuitton – crédit photo @mosieurmanga

Un avènement de l’art moderne

L’exposition nous présente ainsi bien cette évolution, avec un premier niveau mettant en lumière l’avant-gardisme du MoMA dans les années 1920 par sa grande pluridisciplinarité. Elle nous mène ensuite à l’ère du numérique et de la globalisation, illustrant les remises en question artistiques, politiques et sociales de notre époque. Dans une évolution chronologique, le parcours nous donne un aperçu de l’art abstrait, du pop art, du surréalisme, du futurisme ou du minimalisme jusqu’à l’esthétique publicitaire.  Ce cheminement dans l’histoire de l’art moderne nous offre toute une ébullition d’œuvres où les artistes-mêmes se répondent à travers leur travail, pour nous présenter dans le même temps des arts mécaniques qui fondent une nouvelle culture visuelle.

L’exposition peut ainsi paraître légèrement superficielle en comparaison au foisonnement d’œuvres depuis le début du 20e siècle. Elle nous offre pourtant une belle vue d’ensemble des nombreuses facettes de l’art moderne, et on se dit que presque tout y est. En proposant des œuvres où le spectateur est parfois invité à participer, l’exposition questionne notre rapport à l’œuvre d’art, à travers des œuvres qui questionnent aussi notre monde contemporain tendant à basculer dans un paradigme où tout devient possible.

Identical Twins, Roselle, New Jersey de Diane Arbus (1967)

Une histoire de l’art mais aussi d’un musée

Cette exposition permet aussi de rendre hommage au musée new-yorkais lui-même, en présentant son engagement artistique à travers une histoire de l’art et ses différentes étapes, toutes résolument modernes. En effet, tant il est mythique, le MoMA s’identifie à la naissance puis à l’avènement de l’art moderne. Alfred H. Barr Jr., premier directeur du musée, en a même donné une définition, en ces termes : « Le moderne c’est le progressif, le global, le difficile, plus que les valeurs sûres. » Ainsi, en plus de rappeler les détails artistiques ainsi que son contexte, rendant l’exposition d’autant plus accessible, la cartouche de chaque œuvre précise également le contexte dans lequel celle-ci est entrée dans la collection du MoMA. Des salles sont même entièrement consacrées à l’histoire du musée, à travers des archives nous présentant son évolution ainsi que sa volonté aujourd’hui de réaffirmer sa place au sein de la scène artistique.

Untitled (Club Scene), Kerry James Marshall, 2013 (Collection du MoMA)

Un seul regret cependant, la mauvaise représentation d’artistes internationaux – non-occidentaux. En effet, la plupart de leurs œuvres sont des acquisitions extrêmement récentes du musée dans une volonté de les mettre en avant. Ainsi, bien que présents au sein de l’exposition, ils ne sont malheureusement pas représentés à leur juste valeur et en leur nom propre mais dans un mélange assez éclectique où il semblerait que la seule chose qui les rassemble soit justement leur nationalité non-occidentale. Cela n’a pas pour autant gâché la visite, alors si vous pouvez vous aussi profiter d’un week-end à Paris, on vous invite à faire un tour du côté du Jardin d’Acclimatation pour découvrir cette exposition qui reste un incontournable de la saison.


Fondation Louis Vuitton
8 Avenue du Mahatma Gandhi,
75116 Paris
Jusqu’au 5 mars 2018, de 11h à 19h (de 9h à 21h en période de vacances scolaires)
Réservez vos billets


Photo de couverture : @Fondation Louis Vuitton

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