Société

Plan social à Philips lighting : un scénario pas très brillant

Dans cette version, le personnage principal, c’est Philips, un géant néerlandais qui veut délocaliser sa branche Lighting (éclairage public architectural) en Pologne et en Espagne. C’est là où on met pause et qu’on s’exclame « Ah mais ouais mais en fait c’est Dumping 2, la suite de Dumping ! ». Faut dire qu’avec un salarié polonais ou espagnol à 10€ de l’heure contre un salarié français à 40€ de l’heure il y a toutes les conditions pour faire un remake bien pourri…

Le géant Philips, bah il fait des trucs de géant ! C’est-à-dire qu’il pose sa dégaine ventripotente en écrasant tout sur son passage et regarde là où il pourrait le plus se gaver. Détruire des familles, le travail de toute une vie, il en a rien à cirer. Pourtant, il se porte bien le bougre, avec 7,4milliards d’euros de chiffre d’affaires on pourrait penser qu’il en a pour son compte. Sauf que notre géant, bah il a tendance à être un peu beaucoup gourmand. Sa conscience au géant, vous savez cette petite voix qui dit « bien » ou « pas bien », lui il l’appelle ces « actionnaires » (c’est moins sexy que Jiminy Cricket et puis en plus ça fait schizophrène)! Et ces actionnaires lui disent de délocaliser pour gagner en compétitivité, et donc de faire grimper leurs actions, et donc de gagner plus d’argent. Seule la section recherche et développement subsisterait, et je ne parle pas de recherche d’emploi et de développement personnel !

 

Mais dans ce film, il y a aussi des vampires, enfin ils les appellent vampires, mais en français on dit politiciens. Période électorale oblige, ils vont essayer de vampiriser le combat de ces héros du quotidien en faisant mille et une promesses. Une employée m’a dit : « on ne veut pas que notre combat soit rattaché à une couleur politique ou syndicale, c’est juste le combat de citoyens qui veulent être traités en humains ». David contre Goliath, ne dit-on pas que l’histoire se répète ?

Mais cette histoire, c’est l’histoire d’Areva, de Continental, de Renault Trucks ou de la filiale logistique d’Intermarché. C’est l’histoire d’une France qui se désindustrialise, c’est l’histoire d’une loi travail qui va achever de le tuer, le travail. C’est une histoire comme dans toutes les histoires où on redoute de voir arriver le mot fin.

 Chaque œuvre mérite une signature, Chaque signature est une vie.

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