Culture, Lifestyle

Rencontre avec Valentin Marco, photographe brut lyonnais

Il y a quelques jours je suis allée à la rencontre de Valentin Marco, photographe lyonnais. L’essentiel de son travail repose sur l’instantané. Il aime ces photos prises sur le vif, qui capturent une émotion particulière. C’est là qu’il puise son inspiration : l’émotion. 

Conçue comme un journal intime, cette série de clichés retrace un morceau de sa vie qu’il souhaite exposer.

©Valentin Marco

Bonjour Valentin, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Valentin Marco. Je suis né à Bourg-Saint-Maurice. Je fais de la photo depuis 2012, quand j’ai acheté mon premier appareil. J’ai étudié un an la photo à Montréal. Depuis, j’ai monté quatre expositions.

Pourquoi t’es-tu lancé dans la photo ?

Je me suis pris de passion pour la photographie en découvrant le travail de certains grands photographes. Mon premier choc a été Diane Arbus. Ce qui m’a ému, c’est le fait qu’elle ait capturé des inconnus, des marginaux, des personnes auxquelles on ne prête pas forcément attention et ces clichés deviennent finalement la seule trace qui restera de ces personnes. La photo c’était aussi un moyen pour garder des souvenirs, pour ne pas oublier. Il faut dire que je suis très rapidement nostalgique.

©Valentin Marco

Peux-tu nous parler de ton style, qu’on peut qualifier d’assez brut ?

Cela prend de nombreuses années pour travailler comme ça. J’ai construit mon style au fil du temps : j’ai débuté avec la photo ski/skate, et aujourd’hui c’est plus la forme d’un journal intime, une sorte de photoreportage autobiographique. Il y a des sujets et des types de photos qui me parlent plus que d’autres. J’aime la subjectivité, c’est-à-dire montrer ce que j’ai envie de montrer. Par exemple, si je suis dans un appartement en soirée, selon le cadrage je peux faire ressortir un sentiment de solitude, ce qui ne se remarque pas forcément dans la réalité.

Le plus important pour moi c’est l’émotion et l’ambiance de la photo, plus que la prise de vue. Ce sont les photographes que j’aime qui m’ont influencés dans cette démarche.

Tu as fait une sélection de tes photos pour cet article. Peux-tu nous dire pourquoi tu as pris ces clichés et pas d’autres ?

Toutes ces photos forment un tout. C’est l’accumulation qui compte pour moi.

Ce sont des photos que je prends avec un petit appareil que j’ai toujours sur moi. Je fais beaucoup de photos de nuits et de mes proches. Ce sont des photos crues, sombres et mélancoliques. Cette série est liée à ma vie. Il faut que je sois en action et que je vive des aventures pour l’alimenter. C’est mon journal intime, c’est une série qui n’aura de fin qu’à ma mort.

©Valentin Marco

Si elle n’a pas de fin, quel est son but ?

La finalité est de laisser une trace de ma vie et de mon entourage.

Si tu l’as conçu comme un journal intime, pour te rappeler, t’arrives-tu de regarder souvent cette série de photos ?

Oui souvent et ça m’aide à me rappeler précisément de certains événements. C’est lié à mes états d’âmes.

Alors pourquoi avoir choisi de l’exposer, s’il s’agit de quelque chose d’intime et de personnel ?

Je pourrais me contenter de les faire juste pour moi, mais je me suis dit que certains pouvaient se reconnaître dedans. C’est une démarche qui peut rendre le spectateur un peu voyeur. J’aime cette démarche, j’aime moi-même regarder des photos de la vie des gens. Mais je pense que c’est aussi pour me conforter dans l’idée que mes photos peuvent plaire, ça me rassure et ça me donne envie de poursuivre dans la photo.

Pour conclure, c’est quoi la suite ?

Faire un livre : c’est mon but dans les années à venir parce que je pense que c’est le meilleur support. Faire des expos et continuer à faire des photos non-stop. Avec des amis, nous avons organisé sous la forme d’un DIY (« Do It Yourself », nldr) une expo « Terrain Vague » dans un appartement. Ça a été un succès et ça nous motive à renouveler l’expérience. L’objectif était de nous faire connaître et d’être complètement indépendants. Nous sommes trois amis avec trois styles qui se rejoignent et se complètent. On voulait de la cohérence et ça nous plaisait de faire cette expo dans un lieu insolite.

Je viens de terminer deux expos en janvier et là je me concentre sur des sessions portraits. C’est un autre aspect de la photo que j’aime bien.

©Valentin Marco

 

Le Carnet d’adresses de Valentin :

Galerie Réverbère, un lieu immanquable pour les amateurs de photographie.

Le Sonic, l’un de mes lieux nocturnes préféré sur Lyon, bien différent de la plupart des lieux stéréotypés que l’on peut trouver sur Lyon.

L’Oeil de Neron, une petite association Lyonnaise qui organise de très bons concerts.

Et vous pouvez consulter le site de mes collègues d’exposition, deux photographes de talent : Maxime Ramoul et Oskar

 

Toutes les photos sont publiées avec l’autorisation de Valentin Marco

Photo de couverture ©Valentin Marco

 

Je suis la fille qui a besoin de regarder entre 6 et 7 fois par an le Seigneur des Anneaux, dans son intégralité et à la suite. J'adore voir le fromage fondu couler sur du pain et je déteste les gens qui mettent la pancarte "Bébé à bord" dans leur voiture.

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