Société

Génération Slasheurs : Bienvenue dans l’univers du zapping professionnel

génération slasheurs

Chaque jour, ils sont de plus en plus nombreux à exercer plusieurs activités en même temps. Cette nouvelle génération est appelée « slasheurs » et est composée majoritairement de jeunes qui jonglent entre plusieurs activités pour construire leurs vies professionnelles.

Des marginaux qui deviennent chefs d’entreprises 

Le terme « slasheur » nous vient du signe typographique que l’on connaît tous : « / ». Il apparaît pour la première fois en 2007, dans le livre One person / Multiple careers de Marci Albolher.  Lorsqu’on demande à un slasheur ce qu’il fait dans la vie, il est photographe/entrepreneur/étudiant en droit. Peu importe les intitulés, si une personne peut énumérer plusieurs activités professionnelles, elle fait partie des slasheurs.

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Au départ, cumuler les activités était considéré comme marginal et était un peu mal vu par le commun des mortels. Aujourd’hui, cette nouvelle façon d’envisager le monde du travail est de plus en plus répandue. Avoir plusieurs métiers n’est plus seulement une question de nécessité, certains le font par passion. Avoir plusieurs boulots ne permet plus seulement de joindre les deux bouts mais bel et bien d’exercer dans les domaines qui nous passionnent.

Une conséquence directe de la révolution digitale 

Bien sûr, l’origine du cumul des emplois vient de la précarité de certains jobs. Pour pouvoir payer les factures, certains sont obligés d’exercer un deuxième, voire un troisième boulot. Toutefois, les objectifs semblent avoir quelque peu changés. Les slasheurs ont pour beaucoup un job alimentaire mais ce dernier sert à permettre l’épanouissement dans le secteur qui les fait rêver.

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Avec l’importance que le digital prend chaque jour dans notre quotidien, il est plus facile de travailler de chez soi et donc de cumuler les emplois. Les slasheurs sont les enfants légitimes de ce mouvement qui a permis l’abolition des frontières entre vie privée et vie professionnelle. Maintenant, il est possible de créer son entreprise depuis son appartement et de travailler depuis son lit. L’environnement est propice pour ceux qui désirent exercer une autre activité en rentrant chez eux.

Les slasheurs font également partie de la génération qui ne supporte plus l’ennui. Celle qui ne supporte pas quand une page internet met plus de cinq secondes à s’ouvrir et celle qui a besoin d’avoir un accès à tout, tout de suite. S’ennuyer n’est pas quelque chose d’entendable, il faut donc toujours trouver une nouvelle activité pour s’occuper l’esprit. Les temps morts ne sont plus envisageables, la vie d’un slasheur doit être remplie d’action peu importe l’heure qu’il est.

Une nouvelle génération qui effraie les recruteurs 

Malgré les compétences que les slasheurs cumulent, les médias qui traitent du sujet sont pour l’instant tous d’accord sur un point : la majorité des employeurs n’aiment pas ces nouveaux profils. Un slasheur paraît peut-être encore trop original, trop instable. Et pourtant … il a un profil qui sait se distinguer en n’appartenant à aucune catégorie pré-établie.

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Ceux qui ont étudié le sujet arrivent à les définir comme étant des 25-35 ans ayant un bon niveau d’études et étant des passionnés hyperactifs. Pourtant, cette nouvelle façon d’envisager le travail s’étend plus loin. Sur un reportage de France 2 dédié aux slasheurs, on a notamment pu faire connaissance avec un cinquantenaire, géomètre de profession, qui a lui aussi décidé d’exercer plusieurs activités.

Les slasheurs sont-ils l’avenir ? 

Pour beaucoup, exercer le même métier pendant toute une vie ne convient plus. Essayer de jongler entre différentes professions est peut-être la clef d’un véritable épanouissement professionnel. Pouvoir faire chaque jour différentes choses qui nous plaisent au lieu de faire toujours la même pourrait nous empêcher de tomber dans une horrible routine « Métro – Boulot – Dodo ».

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Lorsqu’on se penche d’un peu plus près sur le sujet, on constate que l’épanouissement prend le dessus sur la stabilité financière. Quitte à se démener, la clef est de pouvoir, à la fin, vivre entièrement de sa passion. Les slasheurs ne respectent pas le fameux dicton « travailler plus pour gagner plus » mais en ont un qui leur est propre « travailler plus pour rêver plus ».

Aujourd’hui, ce n’est plus une unique compétence qui est indiquée sur un CV. La nouvelle génération de travailleurs apprend vite. Elle peut par exemple prendre une photo, la retoucher, la publier en quelques clics sur différentes plateforme puis partir faire des prises vidéos, les monter et mettre le tout en ligne sur Youtube. De plus, le slasheur possède une capacité d’adaptation impressionnante, s’il ne sait pas faire quelque chose, il l’apprendra. C’est cette capacité, mêlée à un caractère toujours plus ambitieux, qui fait de cette génération un bon espoir pour l’avenir.

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Toutefois, derrière ce beau tableau, les slasheurs sont considérés par les sociologues comme étant des personnes voulant à tout prix retarder leur passage à l’âge adulte et n’arrivant pas à accepter de devenir les personnes que la génération d’avant veulent voir. Mais bon, au final, qui a vraiment envie de devenir « grand », se voir coller une étiquette pour le reste de sa vie et réaliser les rêves d’un employeur plutôt que les siens ?

Journaliste diplômée et spécialisée en marketing web éditorial. J'aime titiller les sujets sensibles.

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