Mode

La soirée « Who runs the world » présente Fille de Joie

Mercredi 8 mars, le monde entier célébrait la journée des droits de la femme. A cette occasion, l’évènement « Who runs the world » a fait souffler un vent d’innovation sur la péniche Loupika. La marque parisienne Fille de Joie y présentait sa nouvelle collection lors d’un défilé de mode hors du commun, avec une scénographie en réalité virtuelle.

La foule massée autour du podium attend de découvrir en quoi peut consister ce défilé de mode en réalité virtuelle. Lumière, les mannequins s’apprêtent à se lancer. Tout à coup, c’est une explosion pop, sexy et streetwear. Bodys noirs en mesh, sweats, robes et brassières à motif puzzle.

Derrière, le mapping projette des personnages défilant, tournoyant sur le rythme de la musique. Après le défilé, la soirée se poursuit jusqu’à 1h du matin, la partie extérieure de la péniche offrant de l’air frais pour discuter et fumer, tandis qu’à l’intérieur Dj Carie, spécialement venue de Lisbonne pour l’occasion, propose une musique urbaine et décalée. Le public est venu en nombre, la soirée est une vraie réussite.

Les mannequins au complet présentant la collection « Puzzled »

 

Un événement inédit, plus qu’un simple défilé

L’organisation est assurée par « Les commères », une agence de communication fondée par deux étudiantes en création numérique. « Nous voulions proposer un événement inédit, que ce soit plus qu’un simple défilé. ». Après une année au Canada à étudier l’interaction virtuelle, elles ont eu envie de « ramener ça en France ou ce n’est pas encore très développé, surtout dans les défilés de mode. »

Leur collaboration avec Bénédicte Kaluvangimoko et Amélimonade, c’est « la fusion de quatre esprits très différents, qui ont amené chacun leur créativité. »

Une scénographie en réalité virtuelle

C’est Amélimonade qui a entièrement conçu le mapping vidéo 360°. La jeune graphiste explique avoir exploré cette technique lors de son année passée au Québec, au sein de l’Université numérique et technologique Lucat : « En France, il est plus dur d’avoir du matos à la pointe disponible. » Elle développe l’animation de ses propres dessins depuis un an : « J’aime ce format qui permet beaucoup de choses. » En arrière-plan, des personnages et motifs que la marque lui a inspirés. « Bénédicte a tout de suite adhéré au projet, d’autres créateurs auraient pu être réticents. »

« Fille de joie, c’est s’affirmer, ne pas avoir peur d’être sexy »

Bénédicte Kaluvangimoko est la créatrice de Fille de joie. La marque aurait pu ne jamais voir le jour si elle n’avait pas décidé de se fabriquer son propre sweat, lors d’un séjour aux Etats-Unis. « On m’a beaucoup arrêtée dans la rue pour me demander où je l’avais acheté».

Partie pour réfléchir à ses perspectives d’avenir, elle décide donc de lancer sa marque en 2015. « Je n’ai pas de formation de styliste, initialement je voulais travailler dans la mode du côté business. » Le succès est pourtant rapide, notamment grâce à un compte Instagram. Ce soir, c’est le premier défilé de Fille de Joie, consécration. La collection présentée, « Puzzled », est « une métaphore de la vie. On rencontre des événements positifs ou négatifs, et au final ils constituent une seule image, comme un puzzle. »

Elle n’a pas choisi le terme « Fille de joie » pour provoquer. « Ce n’est pas un terme péjoratif à mon sens, c’est plutôt s’affirmer, ne pas avoir peur d’être sexy. Toutes les femmes devraient se sentir bien dans leur corps. »

Pour couronner cet événement sous les auspices de la journée de la femme, la mise en place d’une récolte de fonds au profit de l’association Toutes à l’école était une manière pour elle « de donner un autre sens à l’événement. »

Envoyer à un ami