Mode

Tagwalk, le « Google de la mode » ?

En un an à peine, son site a révolutionné l’industrie. Et facilité la vie de bon nombre de journalistes, stylistes et autres férus de mode. Un gain de temps considérable. Retour sur l’aventure Tagwalk.

 

Tagwalk est l’une de ces nombreuses success stories 2.0. Un an aura suffit pour que le site devienne un incontournable dans le milieu de la mode. C’est simple, tout le monde ne jure que par lui. Tagwalk, qu’est-ce donc au juste ?

La genèse Tagwalk

Des idées les plus simples naissent souvent les meilleures choses. Derrière Tagwalk se cache Alexandra Van Houtte. Cette Franco-Britannique de 27 ans, diplômée d’un master de la London College of Fashion, a fait ses armes au sein du Vogue Italie, Numéro ou encore Glamour en tant qu’assistante styliste. Alors en charge de rechercher les vêtements, et avec l’apparition de plus en plus de designers, la création d’un édito lui prenait des jours. Partant de ce constat plutôt frustrant, Alexandra décide donc de créer un site répertoriant toutes les tendances de la saison en les tagguant par mots-clés. Le concept est simple, me direz-vous, mais personne n’y avait pensé avant elle.

AVH Tagwalk

Si vous tapez «daim», vous obtiendrez tous les looks de la saison dans cette matière. Un système de moodboard semblable à celui de Pinterest permet de réunir toutes les photos désirées. Une facilité d’utilisation déconcertante pour les utilisateurs demandant un travail titanesque en amont. Il a fallu tagguer environ 10 000 photos pour le lancement du site. Grâce à l’aide d’un développeur, Tagwalk voit le jour en avril 2016.

L’aventure va prendre un autre tournant lorsque la grande Sophie Fontanel publie un article sur le site dans l’Obs. S’en suivent l’Antidote, le Grazia, Jalouse et tutti quanti. Le site est devenu un outil de travail utile à toute l’industrie, que ce soit les marques – elles ont besoin de savoir comment elles sont tagguées par rapport aux autres, les tendances par rapport aux autres, ascendantes/descendantes en fonction des mots clés, les stylistes, les bloggeurs, ou encore les étudiants. Alexandra est un peu le Messie de la mode, Tagwalk est le site que tous les professionnels attendaient. Le site s’est agrémenté de nouvelles catégories tel que l’homme, puis le street-style, les mannequins, ou encore des interviews avec les gens influents du milieu.

Un business plan travaillé

Mais Tagwalk étant gratuit, comment Alexandra Van Houtte trouve-t-elle les ressources pour financer le site ? Elle vend de l’information à une marque ou à un bureau de tendance, tel que le look le plus regardé de la saison. Des marques qui ne défilent pas (comme J.Crew par exemple) payent leur présence sur le site. Mais ne rentre pas qui veut : il faut qu’il y ait une certaine cohérence, Zara ne sera jamais sur le site car elle s’inspire des grandes marques. L’autre point à souligner, c’est que les grandes marques ont autant de présence que les nouvelles, qui ont elles droit à un tarif spécial. Elles ne peuvent pas payer afin d’être mieux référencées. C’est ainsi qu’Alexandra met aussi des nouvelles marques qu’elle apprécie, comme la marque de bijoux londonienne Alighieri. La data est également vendue aux acheteurs ayant besoin de savoir rapidement les tendances majeures après la fin des défilés.

En à peine une année, le site explose et affiche une croissance exponentielle et internationale, avec 700 000 visites par mois. Aujourd’hui, l’équipe est composée de six personnes et vient de s’installer dans des locaux rue Vivienne. Last but not least, Carmen Busquets, grande femme d’affaires vénézuélienne derrière les succès de Net-à-Porter ou ModaOperandi vient récemment d’investir dans le site. L’avenir semble prometteur pour Tagwalk.

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