Mode

Les top models d’aujourd’hui sont-elles de véritables icônes de mode ?

 

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Bella Hadid photographiée par Mert & Marcus pour Vogue Paris

Les dynasties d’enfants-stars

Gigi et Bella sont issues d’une riche famille américaine. Leur père est le promoteur immobilier Mohamed Hadid et leur mère la star de téléréalité Yolanda Hadid. Kendall Jenner, quant à elle, est l’une des filles de la surpuissante famille Kardashian. Cara Delevingne est la soeur cadette de Poppy Delevigne, It-girl anglaise très suivie. Elles sont toutes deux filles de la chroniqueuse du Vogue anglais Pandora, épouse d’un célèbre promoteur immobilier britannique. Lily Rose-Depp, propulsée au rang d’égérie Chanel numéro 5, est l’enfant-star née de l’union de l’acteur Johnny Depp et de la chanteuse française Vanessa Paradis. Hailey Baldwin n’est autre que la nièce du très apprécié Alec Baldwin, acteur et réalisateur américain. La dynastie des enfants de musiciens et chanteurs n’est pas laissée pour compte, avec Sofia Richie, fille de Lionel Richie et Georgia May Jagger, fille de Mick Jagger.

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Photo publiée par Kendall Jenner sur compte instagram : 3,6 milllions de likes

Icône de mode ou objet de manipulation commerciale ?

Tout ça n’est qu’une partie de la, maintenant très longue, liste des enfants de célébrités qui accèdent au mannequinat. De toutes ces descendances de haut rang, une question majeure se pose. Ces jeunes filles ont-elles été propulsées sur les podiums pour leur beauté ou pour leur potentiel poids commercial ?

La légitimité de toutes ces jeunes filles, suivies par un nombre de personnes affolant, fait vendre, c’est une certitude. Sans quoi le phénomène de propulser les “enfants de” sur le devant de la scène n’aurait jamais pris une telle ampleur. Les consommateurs s’identifient aujourd’hui beaucoup plus facilement, et plus volontiers, à des enfants de stars qu’à des mannequins inconnues. Toutes ces jeunes femmes offrent leur vie privée via les réseaux sociaux et donnent accès à leur intimité de façon subtile pour ne jamais cesser d’accroître leur notoriété. Elles sont habiles dans l’art de la communication. Le public a l’impression de les connaître depuis toujours grâce à leur lignée, de les avoir vu grandir, d’être entré dans leur intimité. Au final, ce même public cultive une certaine forme d’affection pour ces enfants si particuliers.

 

 

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Kate Moss photographiée par Peter Lindbergh

De un à cent visages

La place des mannequins dans la fashionsphère doit-il être celui d’un visage familier et accessible, que l’on voit partout et tout le temps ? Tout ça n’est que mode, ou en tout cas une tendance qui permet de combler le manque de créativité que traverse le milieu, nécessitant de faire briller certaines au profit du massmarket et du besoin de vendre toujours plus pour ne pas moins faillir.

Les véritables égéries, les beautés immuables, éternelles, sont celles d’avant, tant dans leur traits que dans leur personnalité. Une mannequin véhicule du rêve, du mystère, quelque chose d’intouchable et incompréhensible qui fascine, et ce pour toujours. On doit pouvoir, en un visage, en imaginer cent, être même incapable de le reconnaître d’une image à l’autre. La mannequin doit être la comédienne de la beauté, capable de se glisser dans la peau d’une autre chaque jour et retrouver la sienne une fois le soir venu. Incarner la pureté, la simplicité, la fraîcheur. Eva Herzigova, Cindy Crawford, Kate Moss ou Gisele Bundchen sont d’immortelles beautés dont la grâce, l’élégance, la discrétion et les origines modestes ou inconnues ont hissées au rang de d’icônes absolues.


Crédit photo de couverture : Lily Rose – Depp par Karl Lagerfeld, pour la campagne Chanel eyewear automne / hiver 2015

Fashion editor / stylist, basée à Paris http://faneliepatras.weebly.com/

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