Société

« Mon travail c’est de la merde, je fais un brown-out »

" Mon travail c'est de la merde, je fais un brown-out"

Les médias commencent peu à peu à se passer le mot et évoquent ce nouveau mal. Concrètement, le brown-out, c’est le burn-out de celui qui n’arrive pas à trouver de sens à son boulot, celui qui trouve ses tâches totalement absurdes, celui qui estime que son travail est totalement nul et ne sert à rien. Attention, il ne faut pas confondre avec le bore-out, qui lui désigne le mal-être que ressent une personne rongée par l’ennui, le manque de boulot et l’incapacité à éprouver une quelconque satisfaction professionnelle.

Le brown-out, le mal qui touche celui qui va à l’encontre de ses valeurs

" Mon travail c'est de la merde, je fais un brown-out"

Le burn-out, ou « syndrome d’épuisement professionnel », touche celui qui est débordé par son travail, qui craque face à l’étendue de tout ce qu’il fait et de tout ce qu’il a à faire. Le bore-out atteint, quant à lui, ceux qui s’ennuient, qui passent leurs journées de boulot à ne rien faire, à tourner en rond. Le bore-out, c’est l’ennui de celui qui navigue sur Internent en attendant désespérément que l’heure passe, car il n’a tout simplement rien d’autre à faire. Où se situe le brown-out dans tout ça ?

Le brown-out va plus loin que le simple fait de trouver son boulot totalement merdique. Il peut notamment toucher ceux qui ont l’impression d’aller à l’encontre de leurs valeurs et de tous les idéaux qu’ils s’étaient construits quant à leur vie professionnelle. Ce syndrome peut donc autant toucher l’artiste qui se retrouve à appliquer froidement des formules mathématiques que l’homme intègre qui passe ses journées à arnaquer les gens pour son boulot. Pour tous, la finalité est la même, une perte d’amour-propre et un désinvestissement total face aux tâches à réaliser (et donc, par extension, à son travail).

«  J’ai arrêté de rêver »

En France, 80% des jeunes diplômés estiment que la chose qui leur manque est le rêve. Le rêve de pouvoir se projeter plus loin, ailleurs, ou tout simplement de réaliser enfin ce qu’ils avaient tant espéré quand ils étaient à la fac. Ces rêves d’une vie professionnelle remplie de rebondissements plus excitants les uns que les autres et cette envie profonde de toujours respecter l’éthique professionnelle qu’on s’était fixée ont foutu le camp. Ces idéaux laissent peu à peu la place à un sentiment de démotivation intense dû à la stupidité de son boulot.

Ce manque de motivation ne concerne pas que quelques cas isolés qui n’ont pas su trouver le bon poste. En France, d’après l’Ipsos, c’est près de 54% des travailleurs qui se sentent désengagés et en perte totale de motivation.

" Mon travail c'est de la merde, je fais un brown-out"

D’où vient le terme « brown-out » ?

Ce syndrome n’est pas seulement un nouveau phénomène de société derrière lequel se cachent ceux qui en ont tout simplement ras-le-bol. Il a été théorisé dans le livre The Stupidity of Paradox, écrit par André Spicer et Mats Alvesson. André Spicer écrit pour le célèbre journal The Guardian et est professeur en comportement organisationnel, ce qui, chez nous pourrait s’apparenter à la sociologie des organisations. Mats Alvesson, quant à lui, est doctorant en psychologie et est célèbre pour ses études critiques du management. On aurait donc plutôt tendance à leur faire confiance lorsqu’ils nous parlent de ce nouveau mal qui touche les personnes actives.

Burn-out, bore-out, brown-out, les termes s’enchaînent pour pointer du doigt ces maux que provoque le monde du travail. Dans une société où tout va de plus en plus vite, certains se retrouvent à bosser jour et nuit tandis que d’autres sont bloqués à un poste auquel ils n’arrivent pas à s’intéresser. Devant tous ces cerveaux qui grillent, il faut sans cesse trouver de nouveaux mots qui désigneront au mieux les mal-êtres ressentis par ceux qui bossent. De quoi rassurer ceux qui n’ont pas encore été diplômés !

Journaliste diplômée et spécialisée en marketing web éditorial. J'aime titiller les sujets sensibles.
  • Sophie koukoum

    Punaise et bien on peut dire que le boulot a sa part belle dans la déprime ambiante…. reste a savoir si un bore-brown-burn out est possible. …

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