Culture

Two Faces : « On est très fraternels »

D’après eux, ils sont les dignes héritiers de Massive Attack et Gorillaz. Two Faces, c’est une trip-hop mélancolique et sentimentale. Rencontre avec Benjamin et Pierre-Olivier, les deux fondateurs du groupe d’origine lyonnaise.

Mow Magazine : Alors, hâte que votre premier EP sorte ?

Benjamin : On est hyper excité. On a aussi hâte d’avoir des retours. On a commencé à composer tout ça il y a un an et demi. En fait, on a fait un premier EP. Mais on s’est rendu compte qu’on voulait arriver sur la scène régionale et nationale avec quelque chose de très fort, de plus fort même. Donc on a tout jeté et on a refait.

À l’époque, vous n’étiez pas trop déçus de jeter tout ça ?

Pierre-Olivier : On avait pas mal bossé dessus, donc forcément un peu, mais on a compris qu’on pouvait faire mieux que ça. Donc on s’est remis à bosser un an dessus. C’était des chansons différentes, donc on ne les a pas gardé. Elles ne correspondaient pas à l’état d’esprit du groupe.

Benjamin : On veut arriver dans la scène émergente avec quelque chose de construit. On a pris le temps de faire des choses. On a voulu arriver avec de vrais arguments.

Comment avez-vous commencé le groupe ?

Benjamin : PO (Pierre-Olivier, ndlr) et moi sommes des amis de très longue date. On a chacun fait de la musique de notre coté pendant un moment. Mais on voulait avoir quelque chose de neuf. Le style de Two Faces s’est imposé à nous. C’est là que nos influences ont convergé. Dès le début, on voulait avoir quelque chose de très mélodique et beaucoup de sentiments. C’est dans le trip-hop que l’on retrouvait tout ça.

Donc en terme d’influences, ça donne quoi ?

Pierre-Olivier : On a deux influences majeures : Gorillaz et Massive Attack. On vient de milieux musicaux assez distincts, et on s’est rejoint sur ces deux groupes-là. C’est de la musique planante mais avec beaucoup d’émotions. C’est à travers ces groupes-là que l’on a pu développer les sentiments qu’il y a dans nos chansons.

Benjamin : On voulait parler du côté sombre qu’il y a en chacun de nous. C’est le leitmotiv du groupe. C’est là d’où vient le nom du groupe. Two Faces, comme le ying et yang. C’est grâce à ce style que l’on arrive à faire ressortir tout ce que l’on ressent.

Justement, on ressent de la mélancolie dans ces titres. Ça ne serait pas un peu l’effet post-2016 ?

Pierre-Olivier : À la base Benjamin et moi, on a une personnalité publique assez expressive. On n’est pas du tout dans cette mélancolie. C’est le groupe qui permet de donner toutes les émotions obscures que l’on a en nous. C’est quelque chose pour expier tout ce côté obscur…

Benjamin : Post-2016, ce sont des temps qui frappent tout le monde, chacun le subit à sa manière, aborde les mauvaises choses qui arrivent comme il le peut. Notre façon à nous de ressentir ça, c’est au travers de la musique. C’est notre façon à nous de renvoyer la pareille.

Pierre-Olivier : En fait, on essaye de développer des sentiments qui sont essentiels au genre humain, qui nous sont nécessaires.

Illustration de la pochette de l’EP qui sortira le 27 avril. Crédit : Fabien Coupas

Qui compose ? Comment ?

Benjamin : Sur certains morceaux, PO amène une base. Et parfois, c’est moi. Mais ça nous arrive aussi de composer à deux. Dans tous les cas, à chaque fois on est d’accord dans la manière de le faire. Tous les morceaux sont faits ensembles.

Pierre-Olivier : On a la chance d’être assez connectés, dans les idées et dans les esprits. On ressent souvent les mêmes émotions.

C’est assez instinctif tout ça donc ?

Benjamin : On est très fraternels.

Nous avons parlé du studio, mais quid de la scène ?

Benjamin : Sur scène, on est trois. Avec nous, il y a un batteur qui s’appelle David Fanfare. Après on a voulu créer un univers.

Pierre-Olivier : On a beaucoup répété pour intégrer ces « personnages », même si, forcément, c’est nous sur scène. Ces « personnages », ce sont juste des parts de nous que l’on montre sur scène. Comme je l’ai dit avant, on est différent sur scène d’en dehors. C’est là où on peut développer tout ça. David c’est un peu le pilier en live, là où nous on développe nos personnages, qui ont des postures différentes, des attitudes un peu complexes.

Benjamin : Sur scène on occupe l’avant de la scène avec PO, et on change de position, d’instruments. On touche un peu à tout.

Autre chose : le clip de « Hangover » est très bien réalisé : comment en êtes-vous arrivé à ça ? Comment avez-vous fait ?

Pierre-Olivier : De base, on est des grands fans de cinéma. On a découvert, une fois qu’on avait fait le clip, que ça avait déjà été fait. Mais on trouvait l’idée chouette quand même ! Sans budget, sans rien, c’était un joli défi. On s’est donc inspiré de Shining, David Fincher ou encore du travail de Brit Marling. Des réalisations jeunes mais avec des sentiments très forts.

Benjamin : Avec ce clip, on voulait avoir une image de groupe forte, une vraie identité visuelle.

En fait, à défaut d’avoir eu le budget, vous avez eu l’idée ?

Les deux en même temps : Tout à fait !

Pour terminer, est-ce que cet EP est le début d’une longue histoire ?

Benjamin : Oui, il faut que ce soit le début d’une longue histoire. C’est seulement un point d’entrée. L’idée c’est de faire rentrer le groupe sur la scène française.

Pierre-Olivier : Au niveau musical, je pense qu’on a envie de raconter des histoires, des choses personnelles, des sentiments qui, encore une fois, sont nécessaires.

Benjamin : Derrière ça, l’idée est de tourner un maximum, de s’entourer de gens, de sortir un album. Bref, de continuer à faire ça. Et à le faire bien.


Dates de Two Faces :

15 avril : Toy Toy à Villeurbanne avec King Child

EP « Two Faces » disponible à partir du 27 avril 2017

Apprenti journaliste en Master I, lyonnais dans l'âme mais le coeur en Provence.

Envoyer à un ami