Culture

Coppola, Scorsese, Bong Joon-ho : le Festival Lumière revient avec du lourd

Le plus grand festival de cinéma du monde – on vous en prie, prouvez-nous le contraire -, débarque à Lyon en octobre, comme chaque année depuis 2009, pour mettre à l’honneur une personnalité majeure du cinéma mondial. Et accessoirement permettre à plein de cinéphiles et de néophytes de se gaver de chefs-d’œuvre sur grand écran. Gros plan sur l’excitante cuvée de 2019.

Le cinéaste Francis Ford Coppola qui, pour l’anecdote, a piqué le « Ford » de son nom à l’un des plus grands cinéastes de l’histoire, John Ford (La Prisonnière du Désert, L’Homme qui tua Liberty Valance), succède à l’actrice Jane Fonda en tant que récipiendaire du prix Lumière. Le cinéaste italo-américain de 80 ans, entré dans la mémoire collective grâce, entre autres, à la trilogie Le Parrain, se verra remettre son prix le 20 octobre, à 15h, lors de la cérémonie de clôture qui se déroulera à la Halle Tony Garnier. Là, l’un de ses innombrables chefs-d’œuvre, Apocalypse Now (1979), sera projeté dans sa version « Final Cut », qui dure légèrement plus de 3h. Une conclusion en forme de feu d’artifice, donc, pour le dixième anniversaire du Festival Lumière, né en 2009. Thierry Frémaux, le directeur du festival et programmateur du Festival de Cannes, et ses équipes ont concocté, pour la peine, un programme absolument gargantuesque pour ces huit jours de cinéphilie qui s’annoncent lumineux, intenses et passionnants.

Coup de Cœur

Evidemment, tous les films de Francis Ford Coppola seront diffusés entre le 12 et le 20 octobre dans les salles de Lyon – et des alentours – qui participent à l’événement. Si ses classiques ont été vus et revus – Le Parrain I et II, Apocalypse Now, Conversation Secrète -, on ne saurait que vous conseiller de profiter du Festival pour découvrir quelques perles méconnues du maître : Les Gens de la Pluie (1969), brillant road movie période Nouvel Hollywood, d’une intense puissance émotionnelle ; Coup de Cœur (1982), spectaculaire comédie musicale ultra-racée de la brève période « nouveau riche » du cinéaste ; Peggy Sue s’est mariée (1986), géniale plongée dans l’adolescence des années 60, chef-d’œuvre pompé au passage sans vergogne, mais avec évidemment moins de maestria – et c’est un euphémisme ! -, par Camille redouble (2012), de Noémie Lvovsky.

On peut également citer le presque-diptyque Outsiders (1983) et Rusty James (1983), deux films sur l’adolescence rebelle à la James Dean, période La Fureur de Vivre, et qui ont provoqué la découverte d’une tonne de cadors des eighties et des nineties (Tom Cruise, Matt Dillon, Nicolas Cage, Patrick Swayze, Chris Penn, Rob Lowe, Emilio Estevez, Diane Lane…), et la confirmation de Mickey Rourke, le charismatique motard de Rusty James.

Scorsese, Chabat, Bong Joon-ho et consorts

Mais, alors que la « Nuit » du Festival, le samedi 19, sera consacrée au trois Parrains, dont les deux premiers sont immanquables, Francis Ford Coppola ne sera pas le seul cinéaste à l’honneur durant cette semaine d’octobre. Pêle-mêle, parmi les événements marquants du Festival : Martin Scorsese viendra à Lyon, le 15 octobre, présenter en avant-première mondiale son prochain film, The Irishman, disponible ensuite uniquement sur Netflix, à partir du 27 novembre ; Alain Chabat viendra lui présenter Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre à la Halle Tony Garnier, le 17 ; la trilogie La Nuit des morts-vivants (1968), Zombie (1978) et Le Jour des morts-vivants (1985) de George A. Romero sera visible le jour d’ouverture, dans une « Mini-nuit » qui débutera à 22h ; Bong Joon-ho (Memories of Murder, Parasite), Donald Sutherland (M*A*S*H, Klute), Frances McDormand (Mississippi Burning, Fargo) ou encore Gael Garcia Bernal (Amours Chiennes, La Mauvaise Education) seront, entre autres, les invités d’honneur du festival et proposeront des masterclass, tout comme Ken Loach, qui viendra également présenté en avant-première son prochain film, Sorry We Missed You ; parmi les séances des thématiques « Grands classiques du noir et blanc » et « Grandes Projections », on pourra notamment trouver Citizen Kane (1941) d’Orson Welles, La Règle du Jeu (1939) de Jean Renoir, La Chevauchée fantastique (1939) de John Ford, ainsi que La Grande Evasion (1963) avec Steve McQueen ou La Piscine (1969) avec Alain Delon.

Cinéma, cinéma… Tchi-tcha

Un programme aux petits oignons, donc, qui fait également la part belle à des pays de cinéma plus obscurs – Iran, Suisse, Suède, Hongrie, Slovaquie… –, à des documentaires – sur John Wayne, Gary Cooper, Jacques Prévert, Marcel Carné… – et à des grands noms du muet  – Charlie Chaplin, Abel Gance. Un tableau imposant et fastueux, auquel Mow tarde de pouvoir assister, dans les salles du Grand Lyon tout comme au sein du Village, à nouveau ouvert cette année.

Si on était vous, on irait ici pour acheter un pass ou réserver des places : le Festival Lumière nous fait des offres qu’on ne peut pas refuser…


Crédits photo de couverture : Copyright Memento Films Distribution

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