Culture

Le monde de NAZCA : aux frontières du folk

Nazca est à la musique ce que la guimauve est aux confiseries. Ce groupe de la région lyonnaise est à la frontière entre la pop de la BO de Juno et la folk de First Aid Kit. Un peu de douceur dans ce monde de brutes, ça vous dit ? Rencontre avec Navid Abbassi, le percussionniste de la bande.

 

MOW : Bonjour Navid, alors pour commencer, peux-tu nous décrire un peu la genèse du groupe, ses débuts et son évolution ?

Navid : Si l’on part du tout début, il faut remonter au lycée. Là-bas, à Chalon-sur-Saône, c’est Juliette et Zoé qui se connaissaient déjà. Elles sont amies depuis très longtemps. Ensuite, c’est à la fac où elles ont rencontrées Marc. Marc et Juliette prennent alors l’initiative d’écrire quelques chansons, même si chacun avec ses petits groupes à droite et à gauche. Ils sont passés au Kraspek à Lyon, et c’est là où ils ont eu le déclic. Ils ont continué à écrire des chansons, et ont décidé de faire entrer une autre voix. Ils ont alors pris Zoé, que Juliette connaissait très bien justement. Je te parle de ça, il y a 4 ans. Moi, je suis arrivé un an après. Je tombe sur une affiche qui indiquait qu’ils cherchaient un percussionniste. J’ai un peu hésité, mais dès la première fois on a rigolé ensemble. Humainement, ça s’est très bien passé. D’ailleurs, pour nous c’est hyper important que ça se passe comme ça. Trois mois après, on a donc fait notre première date avec la formation actuelle à L’Equinox à Paris. C’est de là que tout est parti.

 

C’est à cette époque-là que vous avez sorti votre premier EP ? À quoi ressemblaient ces premières chansons du groupe ?

Oui, « Cowboys Secret ». On avait enregistré ça en Home Studio, chez Marc. Lui avait le savoir, et nous tous on a utilisé nos oreilles ! On a fait un financement participatif pour se payer le matériel qui nous manquait, puis on s’y est mis. Dans ces 5 premières chansons, il y en a une en particulier qui pourrait représenter le son de Nazca à ses débuts : Evelyna. Elle a un style épuré, très simple, avec un ukulele qui est bien mis en avant. À nos débuts, il n’y avait pas de production, ce qui rend nos chansons très intimistes sur cet EP.

 

Mais petit à petit je suppose que vous n’avez pas voulu rester avec cette absence de production ? Vous vouliez quelque chose de plus travaillé ?

C’est sûr que l’on n’en est pas resté là. On a grandit, on a évolué. On est un groupe qui a fait pas mal de tremplins, on en a gagné pas mal aussi. On a, grâce à ces victoires, pu gagner des sessions d’enregistrement dans de « vrais » studios. On a eu accès à un matériel plus large. C’est là que l’on a prit conscience qu’il nous manquait quelque chose. On a donc voulu inclure plus d’instruments, améliorer nos sons. Mais tout en gardant la patte Nazca, c’est important pout nous. Globalement, tout cela est venu naturellement.

 

Quand vous êtes en studio ou que vous composez, il n’y a donc aucune limite que vous vous imposez, mis à part garder la patte Nazca ?

Non, on ne se pose pas de limites. Chacun apporte son avis, on avance comme ça. Il n’y a pas une personne qui dit « stop » ou qui se met plus en avant qu’une autre.

 

Justement, en parlant de l’avis de chacun : comment faites-vous pour composer à 4 ? Enfin, déjà, composez-vous tous en même temps ?

Encore une fois, il n’y a pas de règles : ça change à chaque fois. Mais globalement, c’est Marc qui apporte l’idée principale de la chanson, son squelette en quelque sorte, et puis après on travaille tous ensemble, en même temps et sur le même morceau. Ceci-dit, on a tous des influences différentes. Quand Marc est plutôt pop, les filles sont folk ou chansons françaises avec que moi je suis plutôt musiques classiques et traditionnelles.

 

Je suppose que ça permet donc d’avoir un spectre plutôt large en terme de compositions ?

Et c’est ce qui fait notre force avant tout ! On vient tous d’univers musicaux très différents. L’union de ces quatre univers, c’est ce qui caractérise Nazca. C’est dans ce projet là que l’on se retrouve tous les 4.

 

Comme on parle d’univers différents, j’ai remarqué que vous chantiez en français, en anglais et même en espagnol. Les paroles, c’est important pour vous ?

C’est même hyper important. C’est d’ailleurs là où l’on met le plus de temps à se mettre d’accord (rires). Ce sont Zoé et Juliette qui écrivent le plus gros des paroles, et ensuite on termine tout ça ensemble, comme quand on écrit une musique. Si par exemple moi j’ai une idée ou que je ne suis pas d’accord, on peut changer. Pour en revenir à l’écriture, même lorsque l’on chante en anglais ou en espagnol, on fait toujours en sorte de garder un sens. Pour nous, il faut que la musique et les paroles s’accordent parfaitement, l’un ne va pas sans l’autre et inversement. Dans nos textes, il est souvent question d’amitié et de rassemblement. Ce sont deux thèmes chers à nos yeux.

 

En plus de ces paroles et de vos musiques, on peut remarquer que votre jeu de scène est très travaillé. Est-ce que ça ne casse pas un peu cette image bohème que vous renvoyez ?

C’est vrai que l’on travaille beaucoup notre esthétique. Pendant nos résidences (périodes de quelques jours où un groupe de musique joue sur scène mais sans public de manière à perfectionner son jeu de scène ou ses morceaux, nldr) on a parfois même travaillé avec un chorégraphe ! Preuve que l’on y attache de l’importance. En fait, quand on fait un concert, on ne veut pas seulement jouer nos chansons et puis repartir : on veut monter, petit à petit, un vrai univers et une vraie atmosphère. Alors oui, ça passe aussi par travailler le côté scénique, mais pas que. On fait aussi en sorte d’avoir un joli compte Instagram, avec une vraie communauté.

 

Cette histoire de communauté là, c’est parfait pour résumer ce dont on vient de parler là, pas vrai ?

Oui, avec Nazca, l’idée est de regrouper les gens, à travers nos chansons. Créer une communauté, rassembler les gens : c’est ce que l’on sait faire de mieux chez Nazca.

 

Retrouvez Nazca sur leur site, leur Facebook, leur Twitter et leur Instagram. Et ils sont aussi sur Soundcloud. Quand on vous dit qu’ils sont branchés réseaux sociaux…on ne vous ment pas.

Crédit photo de couverture : La Paire de Cerises

 

Apprenti journaliste en Master I, lyonnais dans l'âme mais le coeur en Provence.

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